Établie à Gatineau depuis sa création en 2003, la société déménagera dans la ville voisine d'Ottawa à la fin janvier. Elle s'établira au centre des arts Shenkman, dans le secteur Orléans, afin d'y poursuivre sa mission : attirer des producteurs de films et des équipes de tournage dans la région.
Le déménagement pourrait coûter cher à la SDTF qui reçoit son financement des Villes de Gatineau et d'Ottawa, de même que de la Commission de la capitale nationale (CCN).
Prise de court, la Ville de Gatineau n'a pu empêcher le départ de la SDFT. Mais elle remet aujourd'hui en question sa contribution financière de 30 000 $ à l'organisme. La conseillère Denise Laferrière a été claire là-dessus hier.
« Effectivement, je pense que depuis le tout début, un des facteurs qui faisaient que la Ville de Gatineau s'impliquait, c'était le fait que le siège social de cette organisation était de ce côté-ci de la rivière [...] Je ne pense pas que (notre subvention) soit nécessairement remise en cause, mais le fait que le siège social se retrouve du côté d'Ottawa fera que, peut-être, on va être moins enclin à offrir autant d'argent. »
Le directeur général de la SDFT, Roch Brunette, redoute le pire. Le départ de Gatineau ferait probablement tomber la subvention de la CCN. Au montant de 30 000 $, elle est conditionnelle à la participation des deux villes. Ottawa contribue pour sa part 85 000 $ par année. « Ce que je souhaite, c'est que tout le monde reste sur ses positions et qu'on puisse continuer. Mais c'est sûr que si la Ville de Gatineau et la CCN se retirent, je viens de perdre 43 % de mon financement. »
Après un essor difficile, la SDFT est maintenant sur une lancée, affirme Roch Brunette. « Dans notre dernier rapport annuel, on a démontré qu'il y a eu 2,5 millions $ en dépenses directes en Outaouais dû à l'industrie indépendante pour un total de 17 millions $ pour la région de la capitale nationale. Là-dessus, je pense qu'on est assez actif au niveau de l'impact économique qu'on a sur la région. L'Outaouais, quand même, est en mode croissance. »
M. Brunette craint de se faire couper les vivres au moment où le meilleur reste à venir pour la SDFT. « Ce serait très malheureux, parce qu'on commence justement à repositionner la région. On a eu plusieurs visites de boîtes américaines dans les dernières semaines. Il y a un tournage qui est presque confirmé et ce sera la plus grosse production qui va se tourner à Ottawa, si ça marche. On parle de gros noms. »
Après avoir établi ses premiers quartiers dans le Musée canadien des civilisations, la SDFT s'est retrouvée dans les locaux du Four Point Sheraton, rue Laurier, à Gatineau. L'automne dernier, le nouveau propriétaire de l'hôtel a exprimé le désir de récupérer les locaux occupés par la SDFT. Informée de la situation en octobre, la Ville de Gatineau a été prise de court.
Incapable de proposer un local de rechange, Denise Laferrière s'est vite retrouvée à court d'arguments quand la Ville d'Ottawa a proposé de déménager la SDFT au centre Shenkman. Le 15 décembre, le conseil d'administration de la SDFT a voté en faveur du déménagement.
« Si on avait eu une solution de rechange, peut-être qu'on aurait pu dire : 'il faut absolument que ce soit du côté québécois'. Mais on n'avait pas d'alternative à offrir. On a manqué de temps et on n'a pas pu attacher les fils assez rapidement pour présenter une proposition de rechange. »











