Dernières messes dominicales à Saint-Raymond-de-Pennafort et Notre-Dame-de-Lourdes de Cyrville

Deux églises ferment leurs portes

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« Il y a 50 ans, on construisait... (Étienne Ranger, LeDroit)

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« Il y a 50 ans, on construisait des églises pour répondre aux besoins de ce temps-là. Il y avait plus de gens à la messe. Aujourd'hui, la réalité a changé et ces bâtiments n'y sont plus adaptés », a reconnu Mgr Roger Ébacher.

Étienne Ranger, LeDroit

François Pierre Dufault
Le Droit

Les cierges se sont éteints, hier matin, dans deux églises catholiques de la région. Une dernière messe dominicale a été célébrée en l'église Saint-Raymond-de-Pennafort, à Gatineau, et Notre-Dame-de-Lourdes de Cyrville, à Ottawa.

Les paroissiens des deux lieux de culte sont en deuil. En deuil de leur église, que certains d'entre eux fréquentaient à chaque semaine depuis près d'un demi-siècle. Ils ont été invités à continuer à vivre leur foi dans d'autres églises.

Ce sont la faible participation des fidèles et les coûts élevés de l'entretien des bâtiments qui ont entraîné la fermeture des deux églises.

« Il y a 50 ans, on construisait des églises pour répondre aux besoins de ce temps-là. Il y avait plus de gens à la messe. Aujourd'hui, la réalité a changé et ces bâtiments n'y sont plus adaptés », a reconnu Mgr Roger Ébacher, l'archevêque de Gatineau.

L'église Saint-Raymond-de-Pennafort a été construite peu après l'érection de la paroisse du même nom, en 1944. Avant même qu'il ne soit question de fusionner des paroisses dans le secteur Hull, il y a plus de deux ans, l'église de la rue Joffre avait déjà été identifiée par l'archevêché comme étant excédentaire.

« Ces lieux coûtent extrêmement cher à chauffer et à entretenir. On n'y arrive tout simplement pas. Alors il n'y a pas d'autres possibilités que de se réunir », de se résoudre Mgr Ébacher.

Mêmes problèmes

La paroisse Notre-Dame-de-Lourdes de Cyrville était confrontée aux mêmes problèmes. L'église construite en 1928 a été la première visée d'un avis de fermeture dans le cadre d'une restructuration de huit paroisses francophones à l'est du centre-ville d'Ottawa.

« Au début, j'avais pris position contre la fermeture de l'église. Je la percevais comme un échec de l'évangélisation. Puis, j'ai compris qu'il fallait travailler en équipe. Je me suis beaucoup basé sur la parole de Dieu pour adopter la bonne attitude », a raconté au Droit le curé de la paroisse, l'abbé François Kibwenge.

Les paroissiens n'étaient plus qu'une quarantaine à assister aux messes dominicales célébrées en l'église de la rue Michael, près du centre commercial Saint-Laurent. Leur petit nombre ne justifiait plus le maintien de leur lieu de culte, selon l'archevêché.

L'abbé Kibwenge et Mgr Ébacher ne croient pas que la fermeture de ces deux églises va dissuader leurs anciens fidèles de la pratique religieuse. Au contraire, ils sont d'avis que cette épreuve leur permettra de grandir dans leur foi.

L'archevêque de Gatineau a rappelé que plusieurs lieux de culte ont été détruits dans l'histoire, mais que jamais la perte d'un sanctuaire n'a eu raison d'une communauté religieuse. « La vraie Église, c'est nous », a-t-il réitéré.

« La destruction d'un temple matériel parfois renforce notre temple spirituel », de conclure l'abbé Kibwenge.

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