Municipalités, collèges et universités ne dictent pas le lieu de résidence de leurs employés

«Les gens peuvent vivre où ils veulent»

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Louis Lafortune

Municipalités, conseils et commissions scolaires, collèges et universités de la région d'Ottawa-Gatineau : aucun n'oblige ses employés à habiter là où ils travaillent.

Réalité frontalière oblige, environ 45 000 Québécois vont travailler à Ottawa chaque matin, pendant que 18 000 Ontariens se rendent dans la Belle Province pour leur boulot.

« Les gens peuvent vivre où ils veulent. Il n'y a pas de règlement. Plusieurs employés ici vivent au Québec, dit Michael Fitzpatrick, porte-parole de la Ville d'Ottawa. Même notre directeur municipal (Kent Kirkpatrick) habite à Carleton Place. »

Il n'y a donc aucune règle qui dicte le lieu de résidence d'un employé municipal à Ottawa, qu'il soit aux bas échelons, haut fonctionnaire, policier ou pompier.

Même chose à la Ville de Gatineau. « Il n'y a rien qui exige qu'un employé habite dans la Ville de Gatineau pour y travailler. En fait, il y a plusieurs employés qui n'habitent pas au sein de la ville, mais je ne pourrais vous dire le pourcentage », a expliqué Catherine Desfossés du service des communications de Gatineau.

De con côté, Jocelyn Blondin, président de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais, sait de quoi il parle dans ce dossier. En plus d'avoir certains enseignants et directeurs d'école qui habitent en Ontario, M. Blondin habite à Gatineau et travaille comme chauffeur d'autobus chez OC Transpo à Ottawa depuis 27 ans. « Il n'y a pas de politique là-dessus à la commission scolaire. Il faut toutefois que la formation d'un enseignant soit reconnue au Québec. Nous avons aussi une politique d'achat au Québec. »

Quant à OC Transpo, M. Blondin estime qu'au moins 400 des quelque 1600 chauffeurs habitent au Québec. La fiscalité moins gourmande de l'Ontario ne l'a jamais attiré. « Je suis un bon Québécois, fier de l'être. »

Dans le milieu de la santé, plusieurs professionnels habitent aussi d'un côté de la rive et travaillent sur l'autre.

Le Cégep de l'Outaouais n'oblige pas ses employés à habiter au Québec. Ni l'Université d'Ottawa, qui engage avant tout « sur la base de la compétence », a dit un porte-parole.

La présidente de La Cité collégiale, Andrée Lortie, elle, fait l'inverse du recteur de l'UQO, Jean Vaillancourt : elle habite en Outaouais et travaille en Ontario. La directrice des communications de La Cité, Mona Fortier, affirme que c'est la réalité frontalière d'Ottawa-Gatineau. « La Cité collégiale dessert entre autres la grande région de la capitale nationale. Nous avons des étudiants et des employés qui proviennent de l'Ontario et du Québec. »

Au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), la porte-parole Roxanne Deevey rappelle que la mobilité de la main-d'oeuvre est un droit. « On ne peut pas s'en prendre à un droit fondamental. »

Sur quelque 2000 employés du CECCE, environ 24 %, ou 480, habitent au Québec.

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