Malgré l'opposition de la Ville de Gatineau

Rogers obtient le feu vert pour construire sa nouvelle antenne

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Une antenne... (Photo: Photothèque La Presse)

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Une antenne

Photo: Photothèque La Presse

Patrick Duquette
Le Droit

Industrie Canada permettra l'installation d'une nouvelle antenne de télécommunications dans le secteur Aylmer, malgré les refus répétés de la Ville de Gatineau.

L'antenne cellulaire de Rogers Communications, haute de 75 mètres, sera installée sur une terre agricole, à l'angle de la rue Antoine-Boucher et du chemin Pink. L'antenne permettra des communications cellulaires et servira notamment aux services de police.

À deux reprises, le conseil municipal s'est prononcé contre l'emplacement choisi, à l'instar de plusieurs associations de résidents et d'un producteur agricole. Les craintes portaient entre autre sur les effets présumés des ondes électromagnétiques sur la pollinisation des cultures agricoles.

Industrie Canada, l'institution fédérale responsable de l'installation des infrastructures de télécommunications, a fini par trancher à la fin janvier.

« Nous ne voyons aucune raison pour laquelle le projet ne pourrait procéder », conclut le directeur des opérations, Alain Côté, dans une lettre à la Ville de Gatineau.

De l'inquiétude

La décision d'Industrie Canada a fait bondir Alain Riel, le conseiller du district Deschênes.

Il dénonce la soirée d'information « bidon » organisée par Rogers Communications, l'été dernier, en vertu des exigences d'Industrie Canada.

« Qu'on ne me fasse pas accroire qu'il y a eu un processus transparent. En bout de ligne, c'est une forme d'imposition cachée. On a fait nos devoirs. Et ces multinationales, avec leurs gros sabots, débarquent en ville de façon arrogante, au mépris de nos processus. Et en bout de ligne, elles ont ce qu'elles veulent. »

M. Riel s'inquiète pour la suite des choses. Depuis qu'Industrie Canada a autorisé le développement de nouveaux réseaux sans fil au pays, la Ville de Gatineau a reçu entre 40 et 60 demandes pour de nouvelles antennes de télécommunications. « Les multinationales connaissent très bien les délais, les démarches, et savent qu'en bout de ligne, le fédéral va finir par nous les imposer. »

Propriétaire du potager Eardley, Dany Lachaîne s'est opposé avec énergie à l'implantation de l'antenne située non loin de chez lui.

Il craint l'effet des ondes cellulaires sur les abeilles qui pollinisent ses champs.

Lui aussi dénonce la soirée d'information de Rogers, tenue un premier lundi des vacances de la construction. « Rogers s'est arrangé pour avoir le moins de monde possible à sa soirée [...] Du côté de la Ville, il n'y a pas grand monde qui a voulu se mouiller », regrette-t-il.

Rogers se défend

Chez Rogers, on affirmait avoir suivi à la lettre le processus de consultation publique prévu par Industrie Canada.

« Nous avons même été au-delà du minimum requis qui est simplement la consultation par écrit. On a préparé une soirée d'information et on a été ouvert à entendre les gens. À la fin de la consultation, on a demandé aux gens de nous proposer d'autres endroits [...] Aucune proposition n'a été reçue », a dit Sébastien Bouchard, chef des relations publiques chez Rogers.

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