Dans son deuxième bulletin annuel, le Collectif régional de lutte à l'itinérance en Outaouais (CRIO) accorde une note de « C moins ». « Ce qu'on remarque, c'est qu'il n'y a pas eu de progrès et même un recul », a affirmé Jenny Villeneuve, coordonnatrice du CRIO, lors d'une conférence de presse hier à Gatineau réunissant six grands organismes communautaires de la région.
Mme Villeneuve reconnaît qu'il y a eu diminution de fréquentation dans les refuges d'hébergement d'urgence. Mais il ne faut pas se limiter à ce chiffre, précise-t-elle, car la chute est aussi attribuable au fait que les organismes ont été contraints de refuser des personnes. Les gens qui y sont hébergés demeurent aussi plus longtemps, ce qui limite la capacité d'accueil.
« Ce que l'on voit aussi, c'est que les demandes de dépannage alimentaire augmentent de façon importante et les refus par manque de place dans les refuges ont augmenté de 46 %, a souligné la coordonnatrice du CRIO. Dans notre belle et grande région, aussi riche soit-elle, on laisse encore sur le carreau trop de gens parce qu'on ne prend pas nos responsabilités en tant que société. »
« Noir sur blanc »
Baptisé « Noir sur blanc », le document a pour objectif de présenter les diverses statistiques et indicateurs qui démontrent le paradoxe entre la richesse et la pauvreté en Outaouais.
« Les autorités nous ont demandé plus de statistiques et c'est pour ça que l'on a fondé ce bulletin », explique Jenny Villeneuve.
Et comme il s'agit du deuxième bulletin, le CRIO peut comparer une année à l'autre pour la première fois.
Selon le bulletin Noir sur blanc, le nombre de personnes ayant eu recours à de l'hébergement d'urgence en Outaouais a chuté de 15 %, passant de 1880, en 2008, à 1580, en 2008. Par contre, les divers refuges de l'Outaouais ont été obligés de refuser 243 personnes, en 2009, contre 204, en 2008, une augmentation de 19 %.
L'aide alimentaire est aussi en hausse de 15 %, avec 45 327 sacs de denrées distribués, contre 36 262, en 2008. Le nombre de repas services au Gîte ami et aux soupes populaires de Gatineau ont reculé de 5 % à 140 951.
Francine Mongeon, de la Soupe populaire de Hull, a pour sa part souligné que le nombre de repas servis est en hausse et elle rapporte de plus en plus de clients fragilisés par des problèmes de dépendance et de pauvreté.
Mathieu Lavergne, du Regroupement des organismes à but non lucratif d'habitation et d'hébergement avec support communautaire en Outaouais (ROHSCO), a quant à lui rappelé le logement social est le meilleur moyen de lutter contre l'itinérance. La pénurie de logements sociaux, qui est criante partout au Québec, est d'autant plus problématique à Gatineau, où les loyers sont parmi les plus élevés dans la province.
M. Lavergne a par ailleurs dénoncé les coupes récentes d'un million $ de la Ville de Gatineau dans le logement social contenues dans le dernier budget municipal.











