Le mouvement couvrant l'ensemble de la province exige du gouvernement du Québec qu'il légifère mieux l'usage du corps humain à des fins publicitaires, notamment celui de la femme.
« Souvent, les entreprises utilisent le corps des femmes pour le positionner dans des postures suggestives, de soumission et de séduction », remarque Janick Fontaine, intervenante en sensibilisation à la Maison d'Hébergement Pour Elles des Deux Vallées dans le secteur Buckingham et membre du comité régional de la Marche mondiale des femmes.
« Ces publicités accentuent les stéréotypes, suggérant une femme tantôt soumise, tantôt enfant ou une femme fatale. L'homme est pour sa part dépeint en « bombe sexuelle », en tombeur et en dominateur. »
L'intervenante qui travaille auprès des jeunes établit un lien direct entre ces publicités jugées sexistes et le nombre croissant de maladies transmises sexuellement, de désordres alimentaires et la faible estime de soi qu'ont certains jeunes.
Dans le cadre de son travail, Mme Fontaine fait le tour des écoles avec un panneau qu'elle a monté et sur lequel on aperçoit des publicités sans leur logo. Les jeunes doivent ainsi tenter de deviner ce que cherchent à vendre les publicités.
On aperçoit tantôt une publicité de souliers affichant une écolière en minijupe avec un décolleté plongeant ou encore une marque de voiture recréant la forme de coussins gonflables en exposant des poitrines.
« Les publicités exhibent souvent le corps de la femme, peu vêtu et sans rapport avec le produit vendu », fait remarquer Mme Fontaine.
Avortements et Afghanistan
Le comité de la Marche mondiale des femmes compte cette année plusieurs autres revendications s'adressant au gouvernement fédéral et provincial.
Il milite ainsi pour le maintien et la consolidation des services d'avortement gratuits offerts partout au pays et dénonce l'impact de la militarisation de la société en exigeant que le gouvernement retire ses troupes de l'Afghanistan.
« On constate une augmentation du nombre d'immolations de femmes afghanes qui s'enlèvent la vie. On s'aperçoit que la libération des femmes là-bas ne se fait pas, car les organismes humanitaires se font attaquer du simple fait de venir du Canada. La paix ne sera réalisable que si on retire les troupes », est d'avis Blanche Roy, du comité organisateur de la Marche.
Le comité réclame aussi l'accès à un salaire minimum juste et la fin des catégories d'aide sociale. Il demande enfin au Canada de signer une Déclaration internationale sur les droits des peuples autochtones, en mettant l'accent sur les femmes et les enfants.










