« L'Agence a le rôle facile, celui de taper sur les institutions locales pour bien paraître à Québec, a lancé, hier, en entrevue avec LeDroit, le président du conseil d'administration du CSSSG, Bruno Bonneville. On pensait avoir un minimum de sympathie de la part de l'Agence, mais pour dire vrai on ne l'a pas senti souvent. On a jamais reçu d'idées novatrices de la part de l'Agence pour améliorer la situation. Tout ce qu'on nous dit c'est que nous avons assez d'argent et qu'on doit se débrouiller avec ce qu'on a pour être toujours plus performant. »
Le CSSSG terminera son année financière 2009-2010 avec un déficit avoisinant sept millions de dollars. La prévision, dès l'automne dernier, d'un tel déficit a de beaucoup refroidi les liens entre le CSSSG et l'Agence qui exigeait de l'établissement de santé qu'il présent un budget équilibré le 31 mars prochain. Incapable d'y parvenir sans sabrer de façon « douloureuse » dans les services à la population, le CSSSG a refusé d'obtempérer et a demandé à rencontrer le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, pour dénouer l'impasse.
Cette rencontre de plus d'une heure a eu lieu lors de la visite du ministre venu participer, en octobre dernier, à la première pelletée de terre pour l'agrandissement de l'urgence de l'Hôpital de Gatineau. La décision, unanime, de nommer un accompagnateur a été prise au terme de cette réunion. La députée de Hull, Maryse Gaudreault, indique que cette personne n'a pas encore été nommée par le ministre et que son mandat pourrait durer un an. Son rôle, ajoute Mme Gaudreault, sera de voir pourquoi le CSSSG n'arrive pas à respecter, de façon récurrente, son budget annuel d'un peu plus de 300 millions $.
« Le ministre a du jugement et je crois qu'il va nommer quelqu'un d'objectif qui n'arrivera pas ici avec une idée déjà faite comme ce fut parfois le cas dans le passé avec ce genre de prise en charge ministérielle, affirme M. Bonneville. Il ne faudrait pas revivre le scénario où des gens arrivent ici, foutent tout en l'air ce qui avait été construit par les administrateurs locaux et quittent ensuite en laissant l'organisation dans une espèce de turbulence épouvantable. Ça serait très décevant parce que nous avons fait beaucoup d'efforts ces dernières années pour rétablir la situation et ça, le ministre le reconnaît. »
Manque de ressources
Même s'il prétend que le problème est un manque de financement et non pas de gestion, le conseil d'administration du CSSSG assure vouloir offrir toute sa collaboration à cet éventuel accompagnateur. « Il y a toujours moyen de faire mieux, mais nous, on croit ne pas avoir suffisamment de ressources pour répondre à l'ensemble des besoins de la population, précise M. Bonneville. Si quelqu'un peut nous prouver le contraire et nous suggérer une façon de nous améliorer, tant mieux. »
Le président du conseil d'administration du CSSSG ajoute toutefois que l'Agence devrait se faire la porte-parole de la région auprès de Québec plutôt que de seulement se contenter d'être le prolongement du bras du ministère de la Santé en Outaouais. « Beaucoup de temps a été nécessaire pour rebâtir les ponts entre l'Agence et le CSSSG, confie M. Bonneville. Les liens ne sont pas brisés, mais nous pensons qu'il serait mieux de travailler ensemble, plutôt que l'un contre l'autre, à faire comprendre au ministère à quel point l'Outaouais est une région particulière à bien des égards. Les querelles du passé étaient stériles. Il est à souhaiter qu'elles ne se reproduisent pas. »











