Les Jardins du Souvenir ont décidé d'observer une pause après avoir tenté, à deux reprises, d'obtenir l'autorisation de démolir la maison ancestrale.
Propriétaire de plusieurs cimetières à Gatineau, les Jardins du Souvenir ont été jusqu'à porter leur cause en appel devant le conseil municipal mais ils n'ont jamais pu obtenir le permis de démolir la demeure bâtie en 1915.
« La solution qui nous restait, c'était de porter la cause en Cour supérieure [...] Or notre raison d'être n'est pas de se battre pour une maison, mais de se consacrer au développement de notre cimetière », dit Roger Gagnon, directeur des Jardins du Souvenir.
Cette année, la maison du gardien demeurera donc comme elle est. Et la direction du cimetière investira plutôt dans l'aménagement d'une chute et d'un bassin pour embellir son cimetière de la rue Fournier.
« Pour le moment, on a décidé de la laisser comme elle est. Elle ne dérange pas. On ne la laissera pas se dégrader. Elle est encore en bon état, même si la brique éclate un peu. Rien ne tombe, alors on va se donner le temps de réfléchir. Il faut trouver le bon projet à mettre à l'intérieur. »
Ce n'est que l'an prochain, en 2011, que M. Gagnon veut réactiver le dossier. Et pas question, cette fois, d'emprunter la voie des tribunaux.
« J'avais pensé mettre sur pied une fondation, tout en allant voir ce que les amants du patrimoine peuvent faire pour nous aider. On va travailler d'un commun accord avec eux. »
Le problème de la réfection demeure entier. Désaffectée depuis octobre 2006, la maison du gardien nécessiterait des travaux d'au moins 150 000 $.
Les Jardins du Souvenir ne comptent pas sur le nouveau programme de subvention municipale au centre-ville pour les aider. L'aide maximale n'est que de 25 000 $, ce qui est nettement insuffisant, note M. Gagnon.
Bref, il faudra un certain temps pour recueillir l'argent nécessaire à la réfection, prévient M. Gagnon. Et pour trouver une nouvelle vocation à la demeure ancestrale. Il a été question d'y installer un musée sur les rites funéraires ou un nouveau colombarium. Mais aucune des deux solutions n'apparaît rentable pour l'instant.
La maison est en assez bon état, dit M. Gagnon, si bien qu'il est possible d'attendre encore cinq ans avant de bouger. Il ne craint pas se faire forcer la main par la Ville de Gatineau qui pourrait accorder une citation historique au bâtiment. Selon M. Gagnon, la ville y pensera à deux fois avant de citer la maison du gardien, puisqu'elle se retrouvera ensuite dans l'obligation d'investir pour la maintenir en bon état.











