Trop souvent, regrette-t-il, les élans créatifs des propriétaires se butent à un règlement municipal trop contraignant.
Impossible, par exemple, de poser un revêtement aux couleurs vives si les bâtiments des alentours sont tous recouverts de stuc gris. « On entend souvent les gens nous dire : je veux redonner de la vie à ma rue, mais je suis limité aux différentes teintes de brun et de gris de mon environnement immédiat. Je crois qu'il faut faire preuve de plus de tolérance et encourager la créativité », dit M. Martin.
Le règlement municipal limite les options d'un propriétaire qui souhaite modifier l'apparence extérieure de son commerce ou de sa résidence.
Dans les « zones d'insertion », comme le boulevard Saint-Joseph, le chemin Aylmer ou l'avenue Buckingham, il a l'obligation de choisir un revêtement dont le « type, l'agencement et les couleurs » s'inspirent des bâtiments alentours. « Cela fait en sorte que [...] dans la mesure où l'existant est gris, on doit y aller avec différentes teintes de gris », déplore M. Martin.
Un cas patent, selon lui, est celui du secteur Saint-Jean-Bosco. La plupart des maisons y sont recouvertes d'un crépi gris, la couleur dominante du quartier.
Il raconte le cas d'un commerçant du boulevard Saint-Joseph qui a proposé un revêtement plus coloré pour se démarquer. Il a vite déchanté. « Il trouvait qu'on ne lui laissait pas beaucoup de liberté et, finalement, il y est allé avec un revêtement brun. Ça fait en sorte que l'édifice ne ressort pas, il est comme invisible. Il s'intègre, mais c'est fade. Notre règlement présent fait en sorte que l'édifice s'efface. »
Pour M. Martin, le règlement ne permet pas aux quartiers de se transformer. « Il faut avoir un cadre, mais le cadre présent ne nous permet pas d'aller très loin. Il faut intégrer en faisant preuve d'un peu d'imagination et en leur laissant plus de liberté créatrice. »
Patrice Martin relâcherait aussi un peu de bride sur les règles d'affichage. De nombreux commerçants les trouvent trop contraignantes. À l'heure où un débat fait rage à Ottawa sur la présence d'une vache sur le toit d'un commerce, M. Martin pense que le débat est d'actualité. « Bien sûr, on ne veut pas se retrouver avec un paysage à la Las Vegas », tempère-t-il, en insistant sur la nécessité de trouver un équilibre.











