Située sur la rue Notre-Dame, l'usine rejette à la rivière jusqu'à 275 000 m3 d'eau par jour, en provenance des égouts des secteurs Gatineau, Hull et Aylmer.
Si le contenu des égouts est séparé et décanté à l'usine, il n'est pas désinfecté avant d'être rejeté dans la rivière des Outaouais.
C'est qu'au moment de la construction de l'usine en 1982, un moratoire interdisait la chlorination de l'eau en raison de ses effets néfastes sur l'environnement.
Les investissements annoncés hier corrigeront cette lacune. Des équipements désinfecteront les eaux avant de les rejeter à la rivière, selon un procédé qui reste à déterminer entre les ultraviolets ou l'ozonation.
À compter de 2012, la désinfection éliminera notamment les bactéries E. coli, responsables de la tragédie de Walkerton. « Cela permettra de diminuer les risques pour la santé humaine et de protéger la faune et la flore aquatique de la rivière des Outaouais », a dit hier le député responsable de l'Outaouais, Norm MacMillan.
Les gouvernements du Québec et d'Ottawa consentiront 21,6 des 25,4 millions $ nécessaires pour la réalisation du projet. La Ville de Gatineau fournira le reste de la facture, soit 3,8 millions $.
Réduire les surverses
Pour le maire Marc Bureau, qui a promis de réduire les rejets d'eaux usées dans la rivière des Outaouais, l'annonce d'hier est un premier pas dans la bonne direction. Mais il reste encore beaucoup à faire.
« On améliore la qualité de nos rejets, mais il reste toute la problématique de nos surverses », a concédé le maire. Bon an, mal an, il se produit plus d'un millier de déversements d'eaux usées dans la rivière des Outaouais. Les eaux d'égouts s'écoulent dans la rivière à partir d'une centaine d'ouvrages de surverse, lors de fortes pluies ou de la fonte des neiges.
Actuellement, Gatineau recense les principaux déversements afin de voir comment les eaux usées pourraient être détournées vers l'usine de traitement de la rue Notre-Dame.
À terme, cela signifie que la capacité de l'usine devra être augmentée à grands frais.
De son côté, le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, affirme qu'il reste encore de l'argent disponible à Québec pour le traitement des eaux usées. « Ces projets-là sont tous admissibles [...] Il y a encore des sous pour les infrastructures en eau potable. On va revenir encore à Gatineau. »











