Ultimatum pour terminer la construction du centre sportif

Gatineau donne 15 jours à Decarel

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La Ville de Gatineau donne 15 jours à Decarel pour terminer la construction du... (Martin Roy, Archives, LeDroit)

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Martin Roy, Archives, LeDroit

Le Droit

La Ville de Gatineau donne 15 jours à Decarel pour terminer la construction du centre sportif, après quoi elle envisage d'expulser l'entrepreneur général du chantier.

Le maire Marc Bureau ne s'est pas gêné hier pour dénoncer le « manque de professionnalisme » de Decarel et son peu de respect envers les contribuables de Gatineau.

« Il va y avoir des feuilles dans les arbres quand les gens vont pouvoir rentrer là », a-t-il dit hier, sans chercher à dissimuler son dépit devant les nombreux retards du chantier.

Le centre sportif de 50 millions devait être livré en août dernier, mais il n'est toujours pas prêt. Decarel en est à son cinquième retard de livraison cette semaine.

À bout de patience, la Ville a fait parvenir hier matin une mise en demeure à Decarel et à sa caution, la société Axa assurance. Cet ultimatum donne encore jusqu'au 9 avril à Decarel pour terminer les travaux. Ensuite, la Ville compte prendre les grands moyens pour s'assurer que le centre sportif soit prêt à temps pour les Jeux du Québec, en juillet prochain.

Poursuites

« On peut parler de poursuites, on peut parler de reprendre les travaux par nous-mêmes et, à ce moment-là, ça prendra probablement une autorisation du ministère des Affaires municipales », a dit le maire Marc Bureau, sans vouloir s'avancer sur ce que toute cette aventure finira par coûter aux contribuables.

En fait, la municipalité envisage une répétition de ce qui s'est produit sur le chantier de l'édifice de la Fonderie en novembre 2003. Elle avait alors congédié l'entrepreneur général Consortium MR pour confier, sans appels d'offres, les travaux restants à une firme locale. Le ministère des Affaires municipales avait donné son autorisation, étant donné qu'il y avait des travaux urgents à faire avant l'hiver.

« On espère encore qu'on va pouvoir s'entendre sur un échéancier de travail, reprend le maire Bureau. Mais ce matin, la mise en demeure envoyée à Decarel est claire : il doit produire d'ici les cinq prochains jours ouvrables un plan, un échéancier, pour finir les travaux dans les 15 prochains jours ouvrables. »

La plus récente inspection du centre sportif montre qu'il reste encore de nombreux travaux à compléter, alors que d'autres travaux ne sont pas conformes. Même si 95 % des travaux sont complétés, ceux qui restent sont essentiels pour assurer le bon fonctionnement du centre, notamment de la piscine. Dans ses conditions, la municipalité a refusé d'accuser réception du centre sportif comme le lui offrait Decarel. « Ce ne serait pas agir en bon père de famille », a dit le maire Bureau.

Hier, M. Bureau a dénoncé le « comportement inacceptable » de Decarel qui a cessé de payer ses sous-traitants depuis plusieurs semaines. Frustrés de ne pas recevoir de chèque de paie, la plupart des sous-traitants ont déserté le chantier. Avant de quitter, certains ont pris soin de rendre certaines composantes inutilisables.

C'est le cas de la piscine olympique, fleuron du nouveau centre sportif. Sans doute furieux de ne pas avoir été payé par Decarel, le sous-traitant a quitté les lieux en barrant le plancher amovible de la piscine à son niveau maximum... c'est-à-dire juste sous le niveau de l'eau. Ce sous-traitant est le seul à détenir les codes indispensables pour manoeuvrer le plancher amovible. « Il y a une seule compagnie comme ça en Amérique du Nord. On n'a pas le choix, il va falloir travailler avec cette compagnie la pour le plancher amovible. [...] Alors on ne peut pas ouvrir la piscine », constate le maire Bureau.

M. Bureau a tenu à citer en exemple une autre défectuosité qui illustre, à ses yeux, le « manque de professionnalisme » de Decarel. La Ville a dû obliger l'entrepreneur à refaire l'ensemble des escaliers des gradins, dit-il, parce qu'ils n'étaient pas conformes. Les marches étaient de hauteur et de largeur variables.

« Quand vous faites un escalier dans votre maison, les marches vont être à la même hauteur. Dans le cas d'un édifice de 50 millions, on n'avait pas une marche qui était à la bonne hauteur. Ça peut vous donner une idée du manque de professionnalisme et du manque de suivi qu'il y a eu là-dedans. Tous les gradins ont été défaits et refaits. »

Invité à commenter, Decarel n'a pas donné suite à notre appel.

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