François Charbonneau et l'ex-ministre québécois Benoît Pelletier disent vouloir sensibiliser les entreprises à l'importance de s'afficher et d'offrir des services en français hors du Québec.
« On constate qu'aussitôt que la plupart de ces entreprises sortent des frontières du Québec, elles perdent leur français », a expliqué M. Charbonneau, professeur en science politique.
L'automne dernier, MM. Charbonneau et Pelletier ont fait parvenir des lettres à une dizaine d'entreprises québécoises implantées ailleurs au pays. Leur but n'était pas de jeter le blâme, insistent-ils, mais plutôt de « responsabiliser » les entreprises quant au fait français hors Québec.
Sur la dizaine d'entreprises sollicitées, seulement quatre ont répondu à l'appel. Si ces réponses étaient empreintes de « bonne volonté », aux dires de M. Charbonneau, celui-ci ne cache pas qu'il aurait aimé voir davantage d'engagement. « Quand Métro a décidé de changer la bannière de ses supermarchés [Loeb et A & P] en Ontario, tout l'affichage a dû être remplacé dans ces magasins. Mais le choix du bilinguisme n'a pas été fait », se désole M. Charbonneau.
Une responsabilité
Ex-ministre québécois responsable de la Francophonie canadienne, M. Pelletier est d'avis que les entreprises du Québec se doivent de faire rayonner la langue de Molière. « C'est une erreur que de parler du reste du Canada comme du 'Canada anglais'. Les entreprises québécoises qui font affaires seulement en anglais dans les autres provinces envoient le message que la francophonie canadienne est une valeur dont elles n'ont pas à tenir compte », estime M. Pelletier, qui a été fait Commandeur de l'Ordre de la Pléiade mercredi dernier.
MM. Charbonneau et Pelletier disent avoir eu l'idée de contacter ces entreprises après avoir constaté qu'elles ne faisaient qu'un usage minime du français : la Société des loteries du Québec, par exemple, ne fait la promotion du Casino du Lac-Leamy qu'en anglais à l'extérieur du Québec.










