LeDroit a appris que le Cégep de l'Outaouais inaugurera, en août prochain, en même temps que la rentrée scolaire, le Centre de recherche en ingénierie territoriale (CIT). Ce centre, dont la pierre angulaire sera le Laboratoire de modélisation et d'intelligence territoriale (Lab-MIT) de l'Université du Québec en Outaouais, mettra à profit les quelque 40 chercheurs affiliés au Cégep de l'Outaouais. Des chercheurs du monde entier observeront d'un oeil attentif ce qui s'y déroulera. Certains seront même invités à venir participer aux travaux.
Le Lab-MIT utilise les concepts de la « géographie structurale », récemment développés par Serge Gagnon, professeur à la maîtrise en développement régional à l'UQO, « C'est un outil diagnostique, explique-t-il. Ça n'existe pas ailleurs. C'est une vraie innovation et ça vient de l'Outaouais. C'est un peu comme un médecin et son patient. Avec cet outil, mon patient à moi est le territoire que j'analyse. » Pour mener à bien ses travaux, le Lab-MIT a obtenu, l'automne dernier, 600 000 $ sur trois ans en transferts fédéraux.
M. Gagnon fait ce qu'on appelle de « l'intelligence territoriale ». À partir de données très diverses, comme par exemple, l'état de santé de la population, la démographie, les facteurs économiques, anthropologiques, ethnologiques, historiques, ou encore le taux de scolarisation et des données sur l'environnement physique, le chercheur produit des cartes géographiques modélisées.
« La cartographie de l'ensemble de ces phénomènes permet des portraits très précis de communautés aussi vastes que restreintes, explique la directrice générale du Cégep de l'Outaouais, Marielle Poirier. Ça donne aux décideurs une quantité impressionnante d'information sur les facteurs qui influencent le développement d'un territoire et les aide à faire un développement plus durable de nos communautés. »
Des exemples
Le responsable de tout le volet recherche au Cégep de l'Outaouais, Charles-Antoine Bachand, explique que les décisions concernant le développement d'une région sont souvent basées sur des données démographiques ou socio-économiques, uniquement. « Nous allons participer à la naissance d'une nouvelle discipline, l'ingénierie territoriale. Les applications seront nombreuses », dit-il.
Les travaux du nouveau centre de recherche qui verra le jour en août prochain pourraient, par exemple, aider à déployer sur le territoire l'aide pour les femmes victimes de violence. Une solution aux éternels problèmes d'enfants devant changer d'école à cause d'un trop grand nombre d'élèves pourrait aussi émerger. Un premier mandat donné au Lab-MIT par la Ville de Gatineau, en collaboration avec l'Agence de la santé de l'Outaouais, et le groupe communautaire Deschênes, dans le secteur Aylmer est d'ailleurs déjà en cours. « On va cartographier le quartier Deschênes et en sortir un diagnostic complet, explique M. Gagnon. Les résultats vont faciliter les décisions concernant le développement immobilier, social et récréatif de l'endroit. »
Plusieurs clients
Les villes, les MRC, les centres locaux de développement, l'Agence de santé, l'industrie touristique et éventuellement les entreprises privées seront les principaux clients du Centre de recherche en ingénierie du territoire, ajoute Mme Poirier. « Des erreurs d'urbanisme ou de développement économique auraient pu être évitées par le passé dans la région si un tel outil avait été disponible pour nos décideurs », ajoute M. Gagnon.
Les techniciens en cartographie et en géomatique formés au Cégep viendront sans cesse améliorer l'outil développé par Serge Gagnon. La collaboration entre l'UQO et le Cégep ne s'arrête toutefois pas là précise ce dernier. « Les chercheurs de l'UQO, de par leurs travaux et les connaissances qu'ils ont dans leurs domaines respectifs viendront nourrir notre outil d'information, explique M. Gagnon. Ils vont mettre au point une façon d'utiliser, sur le terrain, les résultats des travaux de recherche. »











