Avec le nouveau rôle triennal d'évaluation, la valeur totale de ses deux propriétés situées en bordure du lac Viceroy, à Ripon, est passée de 278 200 $ à 542 600 $. Son compte de taxes foncières de 3864 $ (2009) a bondi à 6410 $ (2010), qu'il peut payer en trois versements égaux.
« Ça m'a pris six mois pour amasser ces sous. Je suis à la retraite et je n'ai que mes rentes du Québec et du Canada pour vivre. C'est impossible de continuer comme ça. C'est devenu un genre d'expropriation par taxation. Si ça continue à monter, dans quatre ans ça va me coûter 10 000 $ de taxes », soutient M. Czepila.
Il allègue que certaines propriétés riveraines du lac Viceroy font l'objet de discrimination et accuse la municipalité d'être responsable de l'augmentation de la valeur de leur résidence.
« Ils nous ont ciblés plus que les autres. Nous sommes surévalués alors que d'autres propriétés situées au village sont sous-évaluées », affirme le riverain en colère.
Informé de la situation, le maire Luc Desjardins était abasourdi lorsqu'il s'est présenté à l'hôtel de ville.
« Ça n'a pas de bon sens. Il n'est pas question que deux employés perdent leur temps à compter ça », a-t-il lancé.
Le premier magistrat de Ripon et M. Czepila ont eu quelques échanges verbaux mordants.
« Je vous l'ai expliqué plusieurs fois M. Czepila. Ce n'est pas la municipalité ni la MRC qui dictent à Servitech comment faire leurs évaluations. Ce sont des experts qui suivent des critères très stricts contenus dans le manuel des évaluateurs et régis par le gouvernement », a retorqué le maire Desjardins.
Ripon n'y peut rien
Le premier magistrat riponnais a indiqué qu'il était conscient des problèmes que causent les hausses d'évaluation, mais que présentement les municipalités ne peuvent rien faire. Seul le gouvernement du Québec qui peut changer les règles.
« Cette situation n'est pas spécifique à Ripon, c'est partout au Québec. Tout ce qui est en bordure d'un lac, les prix ont explosé. À la MRC Papineau, on a adopté une résolution pour faire des pressions sur le gouvernement pour qu'il change certains critères », ajoute M. Desjardins.
Tout comme il l'a fait en 2007 alors qu'il a eu gain de cause, M. Czepila a demandé une révision de son évaluation foncière. Il est prêt à défendre sa position devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ), s'il le faut.
Sur le territoire de la MRC Papineau, on compte 176 contribuables, dont 58 de Ripon, qui ont demandé cette année une révision de leur évaluation foncière et pourraient contester leur dossier devant le TAQ.
Mais entre-temps, la municipalité a scellé les portes de la salle du conseil de ville où M. Czepila a déposé le lot de cents dans une pataugeoire.
Selon l'aviseur légal de la municipalité de Ripon, la Loi sur la monnaie stipule que la municipalité peut accepter un maximum de 25 pièces d'un cent pour acquitter une facture. La direction générale de la municipalité a donc avisé le propriétaire riverain qu'il doit venir chercher ses 213 625 pièces d'un cent et que le deuxième versement de son compte de taxes foncières est toujours considéré impayé.













