La préparation en vue de l'arrivée de la première cohorte d'élèves formés entièrement avec le programme du renouveau pédagogique ne date pas d'hier. Journées pédagogiques, rencontres et ateliers se sont multipliés pour préparer le plus adéquatement possible le personnel enseignant.
« On est prêt à répondre aux besoins et aux interrogations des enseignants, mais on est très conscient que ça n'arrivera pas à la première semaine, tous en même temps », a indiqué Paule Bellehumeur, conseillère pédagogique au Cégep de l'Outaouais.
Les enseignants restent tout de même sur leurs gardes. « On veut donner la chance au coureur, mais d'après ce qu'on entend, c'est sûr qu'on est inquiet », a admis la présidente du syndicat des enseignants du Cégep de l'Outaouais, Carole Connolly. [...] Ça fait plusieurs années qu'on nous dresse le profil des élèves qui arrivent, on nous montre un peu ce qu'ils ont eu comme curriculum, mais ça reste une abstraction pour nous. »
Au-delà des appréhensions sur les connaissances acquises par les étudiants issus de la réforme, il y a également celles liées aux méthodes d'apprentissage, en lien avec la fameuse approche par compétences qui a fait couler beaucoup d'encre depuis la mise ne place du renouveau pédagogique. La réforme « n'est pas nécessairement un changement de matière, mais un changement de manière », soutient Mme Bellehumeur. « [Les étudiants] vont arriver avec les mêmes préalables de mathématiques, ils vont juste l'avoir vu très différemment », a donné en exemple Jacqueline LaCasse, directrice adjointe responsable du service du cheminement scolaire.
Des modifications de contenu sont aussi à prévoir dans certains cours. « Par exemple en méthodes quantitatives, en sciences humaines, le contenu va devoir être revu parce qu'il y a des éléments, comme par exemple la notion d'écart-type, qui ne sont plus abordés au secondaire, donc il va falloir l'intégrer, mais par contre, il y a d'autres notions qui vont être vues plus en détails au secondaire », a indiqué Marie Bolduc, enseignante en psychologie.
Changement
N'empêche qu'un changement est attendu chez les nouveaux étudiants. « On ne s'attend pas à ce qu'ils soient tous homogènes, mais je pense que les profs s'attendent à ce que le profil soit changé, a expliqué Michel Yelle, directeur des études du cégep. La perception peut varier, mais je ne pense pas que les gens se disent que notre clientèle va être moins bien préparée. Elle va être préparée différemment. »
Directeur adjoint responsable du service de recherche et de développement pédagogique, Charles-Antoine Bachand a fait remarquer que l'intégration des étudiants pourrait être facilitée, à certains égards, par le fait que l'approche par compétences est instaurée dans le réseau collégial depuis 1993.
M. Bachand souligne aussi que malgré les différences qui seront observées chez les étudiants issus de la réforme, la mission du personnel enseignant demeure la même. « En quelque part, notre boulot comme pédagogue, comme enseignant, c'est de prendre l'étudiant où il est et l'amener où on veut qu'il soit en bout de piste et ça, ça change plus ou moins. La cible ultime de notre formation n'est pas affectée. »












