Lilianne Paul et son conjoint Richard Charbonneau ont quitté, hier, le logement insalubre du chemin Sainte-Élisabeth qu'ils habitaient depuis sept mois, pour lequel ils payaient 250 $ mensuellement. C'est l'organisme Logemen'occupe, qui qualifie de « petit bidonville » l'endroit, qui a réussi à leur dénicher une place plus adéquate.
C'est à la suite d'une intervention des pompiers, lors de récentes pluies abondantes, qu'ils
ont été évacués en raison des risques d'incendie. « J'avais peur pour ma vie », soutient Mme Paul, qui dit avoir souffert de troubles respiratoires et d'infections à cause de l'insalubrité du logement.
Le propriétaire des lieux, Marc McDermott, affirme pour sa part que les locataires devaient se charger eux-mêmes des travaux de remise en état du logement et que c'est pour cette raison que le loyer n'était que de 250 $. Il croit être en mesure de louer facilement le logement devenu vacant hier. « Je ne suis pas inquiet pour louer, a-t-il lancé hier. À ce prix-là, pour aider le monde, ça se loue tout de suite. Il y a du monde qui est mal pris dans la vie, bien mal pris. »
Le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy, interpelle la municipalité de Cantley pour une intervention immédiate, mais s'adresse aussi aux autorités provinciales. « On revendique que le Québec se dote d'un code du logement provincial pour éviter que des horreurs de même puissent se multiplier, parce qu'on sait qu'il y a d'autres sites comme ça dans le Pontiac, dans la Petite-Nation, un peu partout sur le territoire », a mentionné M. Roy.
Le maire de Cantley, Stephen Harris, affirme que la municipalité « va intervenir aussi rapidement que possible ». « Il faut absolument s'assurer que la place soit salubre et propice à l'habitation humaine et on veut absolument corriger la situation », a-t-il déclaré hier.
Plusieurs avis de non-conformité aux règlements municipaux ont été acheminés au propriétaire. Ce dernier s'est procuré les permis requis par la municipalité, sans toutefois procéder aux travaux. « On doit recommencer les avis, mais comme la situation se répète, on est rendu au point où il va falloir demander à nos avocats, à nos aviseurs légaux, d'agir dans le dossier et d'envoyer des mises en demeure pour que des actions concrètes soient faites », a indiqué Émilie Breton, directrice du service d'urbanisme de la municipalité.
À l'Agence de la santé de l'Outaouais, le porte-parole Denis Carrier a souligné que la salubrité des logements relève de la compétence des municipalités. La Direction de la santé publique, précise-t-il, peut tout de même être appelée à intervenir pour aider les municipalités « à identifier, au besoin, s'il y a des problèmes potentiels au niveau de la santé ».











