« La tâche est énorme et les responsabilités sont très lourdes, et ça nous préoccupe 24 heures par jour. [...] On est habité par cette réalité constante et oui, ça use avec le temps », a commenté hier M. Rodier.
Son départ, a-t-il mentionné à plusieurs reprises, est une décision purement personnelle. « La pression qui vient des autorités supérieures et de l'Agence de la santé et des partenaires, ça fait partie de notre quotidien. [...] Je ne quitte pas parce que je pense que l'Agence ou le ministère ne nous a pas supportés, j'ai bien travaillé avec ces gens-là. »
Interrogé à savoir si des instances supérieures, qu'il s'agisse de l'Agence ou du ministère de la Santé, ont pu nuire à certaines démarches du Centre de santé, M. Rodier a mentionné qu'« il n'y a personne qui nous a mis intentionnellement des bâtons dans les roues ».
« Parfois, on ne voit pas un problème de la même façon, du même angle, et c'est normal. À ce moment-là, il faut s'asseoir pour le regarder. »
Dialogue
M. Rodier affirme que sa plus grande fierté, « c'est d'avoir créé un climat où le dialogue et la collaboration sont possibles ».
Il veut d'ailleurs s'assurer que les employés ne pensent pas qu'il quitte à cause d'eux.
« La vie continue, souligne pour sa part le président du conseil d'administration du CSSSG, Bruno Bonneville. C'est sûr que quand on perd un collaborateur du calibre de M. Rodier, ça crée un émoi, ça crée une certaine déception, mais l'organisation doit continuer à fonctionner. On a des gens qui se présentent à l'urgence encore ce matin, il faut les soigner et on a du personnel qui travaille sans relâche. »
Toujours une pénurie
À quelques reprises au cours de son mandat, M. Rodier a admis que les choses n'avançaient pas aussi vite qu'il l'avait espéré en arrivant au CSSSG.
Il est entre autres déçu de ne pas avoir réussi à contrer la pénurie de personnel toujours très présente, et - conséquence directe - de ne pas avoir pu diminuer le recours à la main-d'oeuvre indépendante.
En plus de cette pénurie criante, le successeur de M. Rodier aura le défi de poursuivre la quête de l'équilibre budgétaire.
C'est le directeur-adjoint du CSSSG, Denis Beaudoin, qui assurera l'intérim lors du départ de M. Rodier. « Il est déjà bien au fait des dossiers, il connaît bien la machine », a souligné Bruno Bonneville.
André O. Rodier se dit aussi confiant que l'équipe « solide » de direction en place saura poursuivre sans lui.
M. Rodier souhaite prendre quelques mois de repos pour penser à la suite de sa carrière. « Je pense peut-être à retourner au domaine de la consultation où j'ai travaillé pendant 15 ans déjà », a laissé savoir le gestionnaire de 58 ans.
Jugeant « peut-être parfois un peu disproportionnée » l'attention médiatique portée au CSSSG, M. Rodier admet qu'il avait toujours « une petite trépidation », le matin, avant d'ouvrir le journal, la radio ou la télévision. « Mais une des choses qui m'a permis d'être ici pendant quatre ans et de quand même en jouir, c'est que je dors bien », a-t-il confié.












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