La Maison Mathieu-Froment-Savoie fait bien la différence entre souffrance physique et détresse psychologique

À la MMFS, «on est contre l'euthanasie»

Seul centre de soins palliatifs en Outaouais, la Maison Mathieu-Froment-Savoie... (Photothèque Le Soleil)

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Justine Mercier

Justine Mercier
Le Droit

Seul centre de soins palliatifs en Outaouais, la Maison Mathieu-Froment-Savoie (MMFS) de Gatineau a été à quelques reprises plongée en plein coeur du débat sur l'euthanasie et le suicide assisté par des patients qui souhaitaient en finir avant que la vie ne les quitte d'elle-même.

« Nous, c'est certain qu'en étant en soins palliatifs, on est contre l'euthanasie », a souligné hier la directrice générale de l'organisme, Suzanne Fitzback. Selon elle, il faut aller au-delà de la simple souffrance physique causée par la maladie pour trouver les véritables raisons qui poussent un patient à souhaiter l'euthanasie. « Ce n'est pas arrivé si souvent que ça » que des gens demandent une euthanasie à des intervenants de la MMFS, soutient Mme Fitzback, qui précise que l'organisme « ne fait pas d'euthanasie ni de suicide assisté ».

« Souvent, la personne qui va mourir est souffrante, et il faut aller creuser un petit peu plus loin. Souvent, oui, il y a la souffrance physique, qui est souvent contrôlée par les médicaments, mais l'autre souffrance, c'est plus psychologique, comme par exemple une personne de 85 ou 90 ans qui se voit comme un fardeau pour sa famille, la personne peut dire 'donnez-moi quelque chose, je veux mourir'. Ça nous est demandé ici. »

Dans d'autres cas, il peut s'agir de gens qui ne souhaitent pas que leurs jeunes enfants les voient souffrir jusqu'à leur mort. « Il faut vraiment creuser pour savoir pourquoi la personne demande à se faire euthanasier. Souvent, la personne va comprendre, et on fait aussi l'intervention avec la famille de la personne malade, pour que les proches aussi comprennent pourquoi la personne demande ça. »

La MMFS a déposé un mémoire dans le cadre de la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité, et il n'est pas exclu qu'un représentant de l'organisme fasse une allocution lorsque les audiences se déplaceront à Gatineau, fort probablement au début de l'année 2011.

Maryse Gaudreault

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, est l'une des 15 élus de l'Assemblée nationale qui siègent à la commission. Se disant « privilégiée » de prendre part à ce débat qui soulève déjà les passions, Mme Gaudreault affirme qu'elle n'a « pas d'opinion ferme encore » sur le sujet. Les membres de la commission, a-t-elle précisé, ont d'ailleurs choisi de mettre leurs opinions de côté afin de s'ouvrir aux différents témoignages qu'ils entendront au cours des prochains mois.

Maryse Gaudreault affirme être sensibilisée depuis longtemps à ce débat, ayant été bénévole pendant deux ans à la MMFS il y a une dizaine d'années. La perte de son père, victime d'une mort violente au travail à l'âge de 44 ans, lui a aussi fait réaliser à quel point « les échanges en fin de vie étaient précieux ».

La députée de Hull s'attend d'ailleurs à des témoignages personnels « assez prenants » pendant les travaux de la commission.


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