Nul autre que le premier ministre du Québec, Jean Charest a fait le détour dans les Laurentides afin d'inaugurer un projet qui « change la vie des gens ».
« En politique il n'y a pas de petits projets et de petites réalisations. Il n'y a que des choses, des gestes que nous posons, qui changent la vie des gens. Mais il y a des projets qui changent la vie des gens dans ce qu'ils font à tous les jours, dans leur quotidien. Ça, c'est des projets très importants [...] pour améliorer la vie de nos concitoyens. Les transports, ce n'est pas juste une façon de se déplacer. C'est notre économie parce que ça ouvre un territoire. Ça le rend accessible [...] Ce n'est pas juste de l'asphalte », a exprimé le premier ministre en conférence de presse au beau milieu de l'impressionnant pont enjambant la rivière Rouge.
La réalisation de cette deuxième étape du projet de 800 millions $, annoncé par le gouvernement Charest en 2006, fait en sorte que les automobilistes peuvent emprunter un nouveau tronçon de 14 kilomètres depuis 14 h hier. Un autre segment de quatre kilomètres, entre Pointe-au-Chêne et Montebello sera aménagé d'ici la fin novembre, a assuré Norm MacMillan, ministre délégué aux Transports et député de Papineau.
Si les 18 kilomètres n'ont pas été complétés tels que prévu lors de la planification, c'est surtout pour une question de sécurité en raison de la circulation à la future sortie Fassett-Montebello, a-t-il précisé.
Objectif novembre 2012
Le parachèvement complet de l'autoroute 50, sur 90 km entre Lachute et Gatineau, devrait être complété en novembre 2012.
« La journée qu'on va ouvrir tout le projet, jusqu'à Buckingham, je veux ouvrir ça avec ma (voiture) Miata 90 rouge avec comme chauffeur, le premier ministre du Québec », a lancé à la blague, M. MacMillan. Ce dernier a aussi profité de l'occasion pour expliquer tous les tenants et aboutissants du projet, notamment le bluff qu'il a utilisé à une réunion du conseil des ministres en 2003, pour convaincre M. Charest d'accorder des fonds au projet. « La 50, ou je quitte et on perd le comté », avait-il menacé, mi-figue mi-raisin, à la veille d'une élection.
M. Charest avait acquiescé rapidement à la demande de son ministre...
Outil économique
Par ailleurs, tous sont d'accord que la réalisation de l'autoroute 50 aura des retombées importantes dans la région au chapitre du développement économique, touristique et social.
« Nous attendions la réalisation de ce projet depuis très très longtemps, a fait part Lisette Gauthier, vice-présidente de la chambre de commerce et d'industries d'Argenteuil. La fin de ses travaux dans notre région ne signifie pas une fin en soi. Mais plutôt, une ouverture vers de nouveaux marchés et de nouvelles possibilités d'affaires. »
« C'est un événement marquant dans l'histoire d'Argenteuil. [...] C'est un outil de développement économique phénoménal », a ajouté David Whissell, député d'Argenteuil.
Pour l'heure, l'autoroute 50 se limite à une voie dans chaque direction. Néanmoins, il est toujours possible que l'autoroute passe à quatre voies si le besoin se fait ressentir, a noté M. Charest. « La décision actuelle est fondée sur le volume de circulation. [...] Le gouvernement a prévu le scénario de quatre voies en faisant en sorte que les emprises actuelles et les infrastructures actuelles, autant que possible, puissent accommoder une autoroute à quatre voies. »
À cet effet, le dédoublement de voies du tronçon entre Lachute et Mirabel est à l'étude par le gouvernement Charest.











