Le conseiller municipal du quartier Beacon Hill-Cyrville, Michel Bellemare, sera le maire-suppléant en raison d'un système de rotation mensuelle. Ce mécanisme a été mis en place depuis la fusion municipale du grand Ottawa en 2001. Le titre de maire-suppléant était auparavant donné à un membre du conseil nommé pour la durée du mandat.
Selon le service des communications de la Ville, le hasard a fait en sorte que M. Bellemare occupera les fonctions du maire durant le procès qui pourrait se prolonger pendant près de deux mois. Si le procès dure plus longtemps, le prochain élu à assumer ces fonctions sera le conseiller du quartier Osgoode, Doug Thompson.
L'ancien conseiller municipal d'Ottawa et doyen adjoint à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa, Stéphane Émard-Chabot, estime que ce système peut fonctionner, mais uniquement durant une absence temporaire du maire.
« À plus long terme, ce serait à déconseiller, à mon avis. Une administration de la taille de celle d'Ottawa ne peut changer de chef à tous les mois. Il lui faut un certain degré de continuité, sinon ce seront les fonctionnaires qui devront prendre la relève plutôt que les élus », dit-il.
M. Émard-Chabot estime qu'il est préférable d'avoir un remplaçant « neutre », n'aspirant pas à se présenter à la mairie aux prochaines élections et qui profiterait de cette occasion pour exercer son pouvoir contre ses adversaires.
« On ne veut pas, au conseil municipal, commencer à gérer des guerres de clans, dit-il. Autour de la table, il y a des gens qui veulent le poste de maire, alors ça prend quelqu'un de neutre. »
Sans avoir été confirmés, certains noms, dont ceux des conseillers Peter Hume et Diane Deans, ont souvent circulé comme candidat potentiel à la mairie de 2010.
Le conseiller Alex Cullen ne croit pas que certains conseillers profiteront de l'absence du maire O'Brien, pour faire avancer leurs propres intérêts.
« La vie continue, le maire ne sera pas là, alors ce sera un conseil à 23 membres plutôt qu'à 24 », estime-t-il.
L'élu du quartier Baie nie toute tentative de coalition pour faire avancer les dossiers durant l'absence du maire, réagissant à une déclaration du conseiller Rick Chiarelli dans les médias.
« Ce sont des gens qui veulent faire de la 'petite politique'. Nous serons 23 conseillers et nous aurons beaucoup de travail à faire. Nous avons déjà un agenda. Je ne vois pas ce qui empêche maintenant des conseillers de présenter leurs idées. »
Le conseiller Georges Bédard est aussi de cet avis. « Ce sera des coalitions de gauche et de droite ou des milieux rural et urbain comme on en retrouve tout simplement actuellement », dit-il.
Voyage de noces
Au bureau du maire, on indique que M. O'Brien est à l'extérieur du pays en voyage de noces qu'il n'a pu prendre depuis son mariage le 28 juin dernier avec Colleen McBride.
« Le maire est occupé à faire avancer des dossiers de transport en commun, d'un projet de stade à Ottawa et de bonne gouvernance et non pas à répondre aux propos tenus par des conseillers », indique son chef de cabinet, Éric Lamoureux.
Advenant le départ officiel du maire ? s'il est trouvé coupable à la fin de son procès ? deux options s'offriront au conseil municipal : nommer un élu ou un non-élu aux fonctions de maire jusqu'aux prochaines élections ou encore tenir des élections partielles.
Si le conseiller Bédard penche en faveur d'un remplaçant pour une courte période, pour éviter les coûts liés aux élections, son collègue, le conseiller Cullen penche plutôt du côté d'élections partielles, pour des principes de démocratie.











