Un Livre blanc juge sévèrement le dysfonctionnement du conseil municipal d'Ottawa

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ARCHIVES, LeDroitLe maire d'Ottawa a réagi positivement au dépôt d'un rapport ? qu'il avait lui-même commandé ? qui met en lumière l'inefficacité systémique du conseil municipal, limité dans sa volonté d'établir des stratégies globales pour l'ensemble de la municipalité. Larry O'Brien insiste : la situation au conseil municipal ne peut rester inchangée.

Archives, LeDroit

Dominique La Haye
Le Droit

Le conseil municipal d'Ottawa est inefficace, embourbé dans les détails, et deviendra dysfonctionnel révèle un Livre blanc critique sur la gouvernance de la Ville commandé par le maire et rendu public hier.

Le rapport met le doigt sur des problèmes systémiques liés à la gouvernance de la Ville qui affectent le conseil, l'empêchant de fonctionner efficacement et d'avoir une stratégie d'ensemble pour la municipalité.

Le statu quo et la « complaisance » ne sont pas envisageables selon les neuf auteurs du document. « À cause des problèmes fondamentaux de gouvernance à la Ville d'Ottawa, le conseil municipal est inefficace. [...] Ottawa risque de devenir une ville dysfonctionnelle, accablée par une mauvaise planification à long terme et une hausse des coûts, en fait, le genre de ville dont les services et l'infrastructure laissent à désirer », peut-on lire dans le document de 36 pages intitulé Diriger Ottawa : Réflexion stratégique pour une ville gagnante.

Maire aux pouvoirs limités

Selon le rapport, la structure actuelle ne permet pas au maire d'exercer véritablement son leadership, puisqu'il ne représente qu'un seul vote sur 24 au conseil. En revanche, le maire est le seul membre élu pour représenter l'ensemble des intérêts de la ville.

« (Cela) limite sa capacité de diriger et de gérer un plan stratégique, est-il écrit. Bien qu'il détienne le titre de président-directeur général, le maire n'est pas investi des pouvoirs qui reviennent à un véritable pdg. Le conseil joue tous les rôles : pdg, directeur financier, conseil d'administration et représentant au service à la clientèle. »

Or, poursuit le rapport, le conseil est formé de conseillers qui examinent les enjeux municipaux dans l'optique de leurs quartiers respectifs, veillant aux intérêts de leurs électeurs et non de l'ensemble des résidants.

« Le conseil municipal passe le plus clair de son temps embourbé dans des détails et s'occupe souvent de la microgestion de projets qui devrait plutôt être confiés au personnel. Par exemple, les conseillers font des pressions sur le personnel pour qu'il change certains circuits et horaires d'autobus au lieu de le laisser prendre en la matière les décisions qui conviennent le mieux pour tout le réseau de transport en commun. Ce genre d'interaction avec le personnel est improductif », est-il écrit.

Le rapport émet plusieurs recommandations, s'appuyant sur trois piliers : assurer un leadership et une planification stratégiques, faire porter les efforts sur l'ensemble de la Ville et susciter l'engagement des résidants.

Comité exécutif

Pour aider le maire à représenter l'ensemble des élus, le Livre blanc propose la création d'un comité exécutif, formé des conseillers qui président les comités municipaux et du maire. Ce comité veillerait aux intérêts globaux de la Ville, mais les décisions seraient prises par l'ensemble du conseil.

Un comité exécutif semblable, formé du maire et de quatre conseillers, existe actuellement à Gatineau.

« On ne propose pas de changer la formule selon laquelle le maire ne représente qu'un vote autour de la table du conseil, mais on propose de donner à la personne qui occupe le fauteuil du maire une plus grande capacité d'exercer ce leadership et de diriger la chose avec le comité exécutif », indique un des auteurs du document, Graham Fox. Selon lui, ce comité ne créerait pas une sorte de petite monarchie de conseillers.

Le conseiller Alex Cullen est ouvert à l'idée, mais émet un bémol. « Nous devons être prudents pour ne pas créer deux classes de conseillers, créant de la jalousie entre les politiciens. Sous l'ancien conseil régional, nous avions un comité exécutif qui avait le dernier mot sur le budget, à moins d'être renversé par les deux tiers du conseil. Une des réformes a justement été de se défaire de ce comité. »

Le rapport propose aussi de créer un comité de finances et de vérification formé d'élus ayant pour mandat de préparer le budget tout au long de l'année.

L'examen de la gouvernance par la Ville se fera en deux étapes. Un examen à moyen terme aura d'abord lieu jusqu'au mois d'avril, pour ensuite réaliser un examen complet, qui se tiendra en même temps que les prochaines élections, en 2010. Les fonctionnaires municipaux planchent aussi sur un rapport se penchant sur les mêmes questions.

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