Controverse linguistique

Le Festival des tulipes défend sa stratégie

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Le Festival des tulipes défend sa stratégie

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Michel Lafleur, LeDroit

 

Patrice Gaudreault
Le Droit

Le Festival canadien des tulipes défend sa décision de procéder au lancement de ses programmations anglophone et francophone séparément - à deux semaines d'intervalle - et impute la présente controverse linguistique à un simple « malentendu ».

La direction de l'événement a publié une « mise au point », hier, trois jours après que la bévue ait rebondi jusqu'à la Chambre des communes. « Le récent lancement du Festival des tulipes s'est déroulé en anglais seulement. Le prétexte de cette absence totale de français ? La traduction n'était pas prête. Et, pour ajouter l'injure à l'insulte, la conférence de presse en français se tiendra dans deux semaines », a dénoncé le député bloquiste de Gatineau, Richard Nadeau, vendredi.

Par voie de communiqué, le Festival canadien des tulipes a plaidé que sa stratégie a été adoptée « en tenant compte de ses deux publics de langue différente, afin de mettre en valeur les éléments saillants de son programme destinés à chacun d'eux ».

On explique qu'un communiqué bilingue a été émis le 26 mars, au terme d'une conférence de presse tenue pour les médias anglophones. Quant aux médias francophones, ils sont convoqués le 8 avril.

« La direction du Festival regrette tout malentendu lié à cette décision, prise dans le but de communiquer le mieux possible avec les médias de langue française, comme avec les médias de langue anglaise », peut-on lire dans un document également affiché sur le site Internet.

« La communication du programme s'effectue en français ainsi qu'en anglais, conformément à la tradition profondément ancrée et à la fidélité inébranlable du Festival envers cette pratique, poursuit la missive. Toutes les communications du Festival, de son site Web à ses brochures et à ses activités médiatiques, sont assurées dans les deux langues officielles. »

Dans son édition de samedi, LeDroit rapportait les propos du directeur exécutif du Festival, Julian Armour, qui blâmait plutôt « des trous » dans la stratégie médiatique pour expliquer l'absence de certains médias au lancement de l'édition 2009.

Il assurait du même souffle que la conférence de presse ne s'était pas tenue qu'en anglais. « Ce n'est pas vrai, a-t-il martelé. On a parlé en français. Pas beaucoup, mais quand même. J'ai moi-même fais trois entrevues en français après l'événement. »

Réactions

Conseiller municipal d'Ottawa et ex-président du Festival canadien des tulipes, Georges Bédard s'est dit « étonné » par l'incident, indiquant que l'événement a pourtant une longue tradition de respect du bilinguisme.

« C'est malheureux que la documentation en français n'était pas prête en même temps que celle anglophone. Nous nous sommes toujours arrangés pour que la conférence de presse et tout soit prêt en même temps, car il y a beaucoup de publicité sur l'événement faite au Québec pour encourager les touristes à venir au festival », dit-il.

M. Bédard se dit aussi surpris par les propos tenus par M. Armour, publiés dans un quotidien anglophone de la région, voulant que le Festival des tulipes ne soit pas tenu par la loi d'être bilingue. « Nous croyons à l'importance de faire les choses dans les deux langues, et cela à nos frais. Nous payons pour les traducteurs... notre publication est beaucoup plus dispendieuse parce qu'elle est dans les deux langues. C'est beaucoup de travail d'être bilingue et nous ne sommes pas tenus de l'être », a-t-il déclaré au Ottawa Sun.

« Ses propos sont vraiment inattendus, car le festival a toujours été bilingue, alors je ne vois pas pourquoi ce serait plus de travail maintenant, questionne M. Bédard. Je suis un peu étonné par la réaction de cette organisation qui a plus de 50 ans d'existence. C'est une drôle de façon de se défendre et c'est inacceptable comme approche. »

L'ex-président ajoute que ces propos sont incompatibles avec le fait que le festival reçoit des subventions de la Ville d'Ottawa, de l'Ontario et du fédéral, trois partenaires ayant tous une politique sur le bilinguisme.

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