Les familles touchées par le phénomène de l'itinérance sont également en hausse tout comme la durée moyenne des séjours, ce qui provoque une fréquentation sans précédent des centres d'hébergement pour sans-abri.
Dans le cinquième bulletin de l'Alliance pour mettre un terme à l'itinérance, qui doit être dévoilé aujourd'hui, l'organisme dresse un portrait sombre de la situation dans la capitale. « Dès 2007, nous avons remarqué une augmentation du nombre de personnes dans le besoin. La tendance continue à s'accentuer, ce qui est très inquiétant », a fait savoir Tim Aubry, du groupe de travail et de recherche à l'Alliance et chercheur en chef du Centre de recherche sur les services éducatifs et communautaires de l'Université d'Ottawa.
Augmentation significative
Selon les dernières données, il y avait 747 familles itinérantes en 2008 dont 1179 enfants de moins de 16 ans. Il s'agit d'une augmentation de 15,2 % par rapport à 2007. La durée moyenne des séjours dans les refuges était de 46 jours en 2007 pour atteindre 51 jours en 2008. Compte tenu de cette nouvelle réalité, le nombre de lits disponible est quasi inexistant. « L'utilisation des lits a connu une hausse spectaculaire depuis l'été dernier, passant de 341 212 occupations en 2007 à 386 506 l'année suivante. C'est une augmentation de 13 % », a-t-il ajouté.
La situation crée une importante pression sur le système d'hébergement, puisqu'il n'y a plus de lits disponibles. « Le taux d'occupation est de plus de 100 % », souligne M. Aubry.
Selon Perry Rowe, président de l'Alliance et directeur général du Centre Ottawa Booth de l'Armée du salut, plus de 100 personnes dorment par terre toutes les nuits à cause du manque de lits. « Nous craignons que certaines personnes ne passent dans les mailles du filet, surtout dans le contexte actuel de la crise économique. »
L'organisation souligne également que la Ville d'Ottawa, qui recueille les statistiques, a modifié sa méthodologie en 2008 afin de mieux identifier ceux qui séjournent dans les abris et de compiler avec plus de précision les refuges qu'ils fréquentent. « C'est pour cette raison que le nombre de personnes uniques est à la baisse et que la durée des séjours s'allonge », a ajouté M. Aubry.
Il a dit ne pas comprendre la logique de la Ville, qui veut réduire le taux d'itinérance, mais qui refuse de créer davantage de places dans les refuges.
L'Alliance demande une enquête officielle aux gouvernements provincial et fédéral afin qu'ils justifient le manque de progrès depuis les dernières années. Aujourd'hui, l'Alliance attribuera ses notes dans les secteurs du logement, du revenu, de l'itinérance et de la durée du séjour.











