Trois jours après avoir investi les artères principales du centre-ville, ils ont toutefois dû battre en retraite sur les trottoirs de la rue Wellington, à la demande des autorités policières.
Pas question de partir, ont néanmoins assuré les manifestants.
« Tant et aussi longtemps que le Canada et l'ONU n'interviendront pas, nous resterons ici, jour et nuit, a assuré hier Yoha Thulasi, un résidant de Brampton. C'est une question de vie ou de mort pour des centaines de milliers de Tamouls. »
Quatre personnes âgées ont entamé une grève de la fin, tard mercredi, en guise de moyen de pression. « Nous attendons de notre gouvernement qu'il s'assure qu'un cessez-le-feu permanent soit appliqué et que de l'aide humanitaire soit acheminée aux civils tamouls affectés », a déclaré hier Kana Thulasigamony, 74 ans. L'homme promet de cesser de prendre ses médicaments si rien n'est fait pour faire « stopper les souffrances de son peuple ».
Pressé d'agir, le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon a assuré hier qu'Ottawa n'était pas restée immobile dans le dossier sri-lankais. « Le gouvernement du Canada a, dès les premiers instants, demandé un cessez-le-feu. On s'est activé avec les Nations unies », a assuré le ministre Cannon en point de presse.
Les violences entre l'armée sri-lankaise et les rebelles séparatistes tamouls se sont intensifiées depuis lundi. Des rumeurs voulant que l'armée ait employé des armes chimiques contre la population ont mené à l'organisation de cette manifestation dans la capitale, en l'espace de quelques heures.
Devant le parlement jour et nuit
Depuis, des centaines de personnes campent jour et nuit sur la Colline parlementaire ou à même l'asphalte de la rue Wellington.
« Nous avons reçu un courriel lundi soir qui disait que tous les Tamouls canadiens devaient venir à Ottawa et qu'on y resterait jusqu'à ce que le gouvernement agisse. Je suis venu dès que j'ai pu », a déclaré Aranee Muru, 17 ans, de Montréal. « Ce combat en vaut la peine », dit-elle.
Les partisans pro-Tamouls demandent aussi qu'Ottawa retire de sa liste d'organisations terroristes les Tigres de libération de l'Eelam tamoul, qui réclame l'indépendance de leur nation.
Police omniprésente
C'est sous haute surveillance policière que campent les manifestants. Hier, en matinée, la police est d'ailleurs intervenue afin de confisquer des bonbonnes de propane et une génératrice utilisées pour préparer de la nourriture.
« Nous respectons le droit des personnes à manifester tel que stipulé dans la Charte des droits et libertés, a indiqué hier le porte-parole de la police Alain Bernard. Celui-ci a reconnu que la police avait été « surprise » par l'ampleur de la manifestation.
Mouvement international
Le Haut Commissaire du Sri Lanka Daya Perera demande quant à lui aux autorités d'intervenir et d'empêcher ces manifestations.
Des centaines d'activistes pro-Tamouls devant le siège de l'ONU à New York, hier, exigeant la fin d'un « bain de sang de civils » au Sri Lanka. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est entretenu de la crise humanitaire dans le nord du Sri Lanka avec le président du pays Mahinda Rajapaksa, et a demandé que les civils pris dans la zone de combats puissent quitter les lieux.
L'armée gouvernementale prépare son assaut final contre un dernier carré de rebelles séparatistes des Tigres, confiné sur une bande de terre de 14 km2 dans le nord-est du Sri Lanka.
Mais l'ONU se dit très inquiète pour le sort de 100 000 civils tamouls coincés dans cette zone. Le Sri Lanka estime que 70 000 civils servent de « boucliers humains » aux insurgés et rejette tous les appels internationaux à une trêve.
AVEC LA PRESSE CANADIENNE











