Une huitième journée de manifestations débute ce matin

Les grévistes de la faim s'affaiblissent d'heure en heure

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Les grévistes de la faim s\'affaiblissent d\'heure en heure

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Martin Roy, LeDroit

Philippe Orfali
Le Droit

C'est dans la nervosité que quelques centaines de Canadiens tamouls entament ce matin leur huitième journée de manifestation sur la Colline parlementaire, alors que les cinq personnes ayant entamé une grève de la faim s'affaiblissent d'heure en heure et refusent toujours de s'alimenter.

Mardi dernier, les autorités estiment qu'ils étaient 500 manifestants à bloquer les artères principales de la capitale, Refoulés sur les trottoirs, ils étaient près de 3 000 à se faire entendre samedi.

« Malgré tous nos efforts pour le convaincre, mon grand-père refuse toujours de prendre ses médicaments. Son état de santé se dégrade », s'est inquiété hier soir Sathya Maniseharan, petit-fils de Kana Thulasigamony. L'homme de 74 ans a cessé de manger il y a six jours. Il dort depuis dans une tente de fortune aménagée devant le Parlement, avec les autres grévistes. « Des paramédics et un médecin les examinent régulièrement », assure M. Maniseharan.

Les appels à une cessation des hostilités du ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, et l'instauration d'un cessez-le-feu de 48 heures par le gouvernement sri-lankais n'ont pas suffi à convaincre les cinq grévistes, qui exigent la fin « immédiate et complète » des violences au Sri Lanka.

Cette opinion est partagée par la majorité des manifestants, qui promet de rester sur les lieux jusqu'à la signature d'une entente de paix.

Mais plus question pour eux de bloquer les routes du centre-ville d'Ottawa comme la semaine dernière. « Notre but n'est pas d'importuner le public. Nous voulions faire passer un message et le message a été entendu », soutient Prabha Sinwathamby, de Brampton en Ontario.

Les partisans pro-Tamouls demandent aussi à Ottawa de retirer de sa liste d'organisations terroristes les Tigres de libération de l'Eelam tamoul, qui réclame l'indépendance de leur nation.

Cessez-le-feu de 48 heures

Le Sri Lanka a observé hier une trêve des combats contre la rébellion tamoule, consentie sous pression internationale. Ce bref cessez-le-feu a été respecté dans le nord-est de l'île, où l'armée gouvernementale tente d'écraser depuis janvier un dernier carré d'insurgés séparatistes des Tigres tamouls.

La pause devrait permettre d'évacuer les civils tamouls pris au piège dans la zone du conflit, une bande de terre d'une quinzaine de km2 où sont acculés les Tigres. L'ONU estime que 100 000 à 150 000 Tamouls sont toujours coincés dans les combats.

Le conflit au Sri Lanka a fait des dizaines de milliers de morts depuis 1972, dont 3 000 civils depuis le 20 janvier selon l'ONU.

Pas qu'à Ottawa

En plus de celles tenues à Ottawa et Toronto, d'autres manifestations ont eu lieu ces dernières semaines dans le monde, notamment à Londres où 100 000 personnes ont défilé ce week-end dans la capitale de l'ancien pays colonisateur du Sri Lanka.

Un cessez-le-feu entre les Tigres et l'armée avait été conclu sous l'égide de la Norvège en 2002, avant d'être rompu par Colombo en janvier 2008.

Avec François Pierre Dufault

et l'Agence France Presse

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