Rassemblements pro-Tamouls sur la colline du Parlement

Jusqu'à 25 000 manifestants attendus

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Jusqu\'à 25 000 manifestants attendus

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Martin Roy, LeDroit

François Pierre Dufault
Le Droit

Jusqu'à 25 000 sympathisant pro-Tamouls pourraient venir ajouter leur voix, demain matin, à celle des manifestants qui tiennent le fort depuis 15 jours sur la rue Wellington, en face de la Colline parlementaire à Ottawa.

Loin de vouloir plier bagages, après deux semaines de manifestations sans interruption, des organisateurs du rassemblement ont laissé savoir qu'ils attendent « plusieurs dizaines de milliers » de personnes de Montréal, Toronto et au-delà de la frontière américaine.

L'invitation s'est répandue comme une traînée de poudre, samedi, au sein de la communauté tamoule du Canada et sur des sites Web de réseautage comme Facebook.

Un porte-parole de l'organisation, Senthan Nadarajah, a confirmé au Droit qu'entre 10 000 et 25 000 personnes débarqueront sur la colline dès 9 h demain.

Le chiffre peut sembler énorme, mais M. Nadarajah assure qu'une manifestation pro-Tamouls a déjà réuni près de 100 000 personnes à Toronto. Chose certaine, il faudrait plus de 450 autocars pour transporter autant de manifestants. La circulation risque donc d'être à nouveau perturbée dans les rues du centre-ville de la capitale.

« Nous avons choisi la journée de mardi (demain) parce que le Parlement siège et nous voulons que les députés entendent notre message. Nous demandons désespérément au gouvernement (canadien) de faire quelque chose », a déclaré M. Nadarajah.

Depuis vendredi, entre 300 et 1000 manifestants pro-Tamouls ont continué à arpenter les deux côtés de la rue Wellington, entre les rues Metcalfe et O'Connor.

Brandissant des drapeaux rouges et des affiches, ils demandent au gouvernement fédéral d'exercer des pressions politiques et économiques sur les autorités du Sri Lanka pour que cesse la répression de l'armée nationale contre le mouvement indépendantiste des Tigres tamouls.

Des appuis insuffisants

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a déjà demandé au gouvernement de Colombo de mettre fin aux hostilités qui auraient fait plus de 100 000 morts depuis 30 ans dans le nord-est du Sri Lanka.

Le chef néo-démocrate Jack Layton et le porte-parole libéral en matière d'Affaires étrangères, Bob Rae, ont également donné leur appui à la cause des Tamouls.

M. Nadarajah est toutefois d'avis que ce n'est pas suffisant et demande à Ottawa de s'engager davantage.

Les manifestants pro-Tamouls ont reçu l'appui du Syndicat canadien des travailleurs des postes (STTP). La semaine dernière, son président national, Denis Lemelin, a fait parvenir une lettre au président sri-lankais Mahinda Rajapaksa, le sommant de respecter les droits des Tamouls.

« Ces attaques brutales et insouciantes doivent cesser. La population tamoule du Sri Lanka a le droit fondamental d'être protégée des excès de violence de l'armée sri-lankaise », a-t-il écrit.

Manifestations ailleurs

Des manifestations pro-Tamouls continuent de ponctuer l'actualité aux quatre coins du globe depuis deux semaines. Samedi, de 11 000 à 20 000 personnes ont manifesté à Paris pour exiger un cessez-le-feu au Sri Lanka, où l'armée a intensifié son offensive contre les rebelles tamouls.

Hier, près de 3000 civils seraient parvenus à fuir la zone des combats dans le nord-est du Sri Lanka, la dernière zone encore sous le contrôle des Tigres de libération de l'Eelam tamoul, a affirmé le ministère de la Défense à Colombo. « Les civils ont commencé à arriver par groupes importants depuis samedi après-midi, utilisant les corridors sécurisés mis en place par l'armée », précise un communiqué. De son côté, l'armée sri-lankaise assure depuis des semaines être en passe de vaincre un dernier carré de rebelles tamouls.

Une trêve de deux jours avait été décrétée, les 13 et 14 avril, à l'occasion du Nouvel An bouddhique. Mais les hostilités ont repris dès l'expiration du cessez-le-feu, malgré les appels internationaux à une solution durable pour épargner la vie de dizaines de milliers de civils encore pris au piège.

AVEC L'AGENCE FRANCE-PRESSE

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