Lors de l'adoption de la révision de son plan officiel, le comité de l'Urbanisme et de l'Environnement de la Ville d'Ottawa a rejeté la proposition de la conseillère Diane Holmes qui voulait limiter le développement urbain aux terrains déjà disponibles. La zone urbaine qui se situe en dehors de la Ceinture de verdure, pourra donc être agrandie ce qui aura pour effet d'agrandir les secteurs Orléans, Barrhaven, Leitrim, Kanata et Stittsville.
La résolution présentée par Mme Holmes était très simple. Étant donné que la zone urbaine actuelle comprend suffisamment de terrains pour assurer le développement prévu des 18 prochaines années, il n'est pas nécessaire d'agrandir cette zone davantage. « Nous avons déjà suffisamment de terrains et de toute façon, il faut cesser de construire des maisons unifamiliales en agrandissant sans cesse notre ville. Le sud de l'Ontario a déjà perdu une grande partie de ses terres agricoles et nous sommes en train de faire la même chose. Nous ne pouvons plus continuer à poursuivre le rêve américain qui veut que chaque citoyen possède sa maison. Les villes doivent, comme en Europe, se densifier pour des raisons écologiques et économiques », a fait valoir Mme Holmes en présentant sa résolution. Plusieurs collègues du conseil municipal appuyaient Mme Holmes mais la majorité a décidé du contraire.
Politique à courte vue
Le conseiller d'Orléans, Bob Monette, a déclaré qu'il s'agissait d'une politique à courte vue. « Nous ne sommes pas en Europe et les gens ne veulent pas vivre comme en Europe. Les gens veulent avoir leur propre maison unifamiliale est les immigrants qui viennent vivre ici, caressent aussi ce rêve. De plus, les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses à demeurer dans leur maison et ne sont pas toutes intéressées à aller vivre en appartement », a déclaré M. Monette. Son collègue Steve Desroches, a fait remarquer que toute limite au développement urbain d'Ottawa aura pour effet d'augmenter la population de Rockland, de Gatineau et même de Kemptville. « Si on ferme la porte, ce sont les municipalités en périphérie d'Ottawa qui vont se développer mais ces gens vont continuer à venir travailler à Ottawa en faisant augmenter nos coûts de transport et d'entretien des infrastructures, sans payer un sou. Aussi, le prix des maisons va augmenter en raison de la demande et peu de jeunes familles auront les moyens de s'établir à Ottawa », a-t-il souligné.
Le résultat du vote a grandement déçu le conseiller de Rideau-Rockcliffe, Jacques Legendre. « C'est la recette idéale pour un désastre et j'espère que la résolution de Mme Holms pourra être adoptée par l'ensemble du conseil municipal, mais j'en doute », a-t-il commenté.











