Certains établissements en ont reçu plusieurs. Même si la majorité des avis sont jugés non-critiques, d'autres plus critiques affectent directement les aliments. C'est entre autres ce qui est possible d'apprendre sur le portail municipal d'inspections alimentaires, un projet pilote lancé il y a un peu plus d'un mois, et créé dans le but de rendre ces inspections plus accessibles au public.
Les Ottaviens en ont certes profité pour éplucher les bonnes tables qui respectent les règles d'hygiène et de salubrité des aliments. Entre le 15 avril et le 7 mai derniers, plus de 23 000 visiteurs se sont branchés au nouveau site d'inspection. En tout, près de 205 000 pages ont été lues, souligne Sherry Beadle, gestionnaire du programme de salubrité des aliments à Santé publique Ottawa.
En date d'hier, on y apprenait que sur les quelque 2300 établissements visités par les inspecteurs depuis le début de l'année, 672 d'entre eux n'ont pas été jugés conformes, à un moment ou à un autre, en vertu du règlement ontarien sur les établissements alimentaires.
Un nombre qui n'est pas déraisonnable, estime Mme Beadle, même si elle a tenu à préciser que le nouveau site ne fonctionne qu'à environ 50 % de sa capacité, car au total, la région de la capitale nationale compte près de 5700 établissements alimentaires. Certaines inspections pourraient également ne pas être tout à fait à jour, convient la gestionnaire.
N'en demeure pas moins que dans plus de la majorité des 672 cas répertoriés par LeDroit, hier, les avis émis sont considérés non-critiques et touchent l'hygiène des lieux. Ces avis touchent entre autres à la propreté des équipements de cuisine et de l'entretien général de l'établissement.
Dans les autres cas, des avis critiques ont été émis concernant la salubrité des aliments. Que ce soit la protection de la nourriture contre une éventuelle contamination, le lavage des mains avant de manipuler les aliments ou la température à laquelle les aliments doivent être conservés, les rapports des inspecteurs de la Ville, disponibles en ligne, sont détaillés.
Des secteurs à surveiller
Selon le site Web (ottawa.ca/residents/health), certains secteurs nécessitent plus de surveillance.
C'est le cas du secteur « Gloucester-Southgate », à l'est d'Ottawa. Sur 120 établissements visités depuis le début de l'année, 85 d'entre eux ont reçu au moins un, sinon plusieurs, avis de non-conformité des inspecteurs alimentaires. Une proportion de plus de 70 %. En date d'hier, 46 de ces 85 établissements portaient toujours la mention « non-conformes », même si les avis critiquant la salubrité auraient été corrigés lors de la première inspection. Dans bien des cas, aucune inspection subséquente n'a par contre encore eu lieu.
Dans le quartier plus central de la « capitale », qui regroupe plus de 350 établissements alimentaires, principalement sur les rues Bank, Riverside et Main, 70 établissements sur les 114 visités depuis le 1er janvier dernier ont reçu au moins un avis de non-conformité.
Ces rapports indiquent toutefois que dans plusieurs cas, ces « infractions alimentaires » ont été corrigées lors du passage de l'inspecteur ou lors d'une inspection subséquente, quelques jours après la première offense.
Le hic, c'est qu'il manque toujours des inspecteurs alimentaires à la Ville, afin de bien vérifier les établissements. À l'heure actuelle, ils sont 23 à sillonner la capitale nationale. Sans être en mesure de confirmer le nombre idéal d'inspecteurs requis, Mme Beadle affirme que la Ville est toujours en mode recrutement. Mais le processus est lent. Et le recrutement s'avère parfois difficile. La rareté de la formation donnée au pays et les salaires non concurrentiels expliquent en partie les difficultés rencontrées.
Zone grise
Même si plusieurs des « non-conformités » ont été résolues, les restos et autres établissements alimentaires de la capitale nationale se retrouvent encore plus qu'avant sous la loupe du public.
« Ça ne met pas de pression supplémentaire sur l'industrie, indique pour sa part Mike Ziola, porte-parole pour la région d'Ottawa de l'Association ontarienne des restaurants, hôtels et motels et gérant du Biago's Italian Kitchen, dans l'ouest de la ville. On travaille avec la Ville dans ce dossier et pour 90 % des établissements, il n'y a pas de problèmes ».
Sans vouloir se prononcer sur les chiffres du Droit, il affirme que l'une des lacunes du projet pilote devant être corrigée est de bien différencier les avis « critiques » et « non-critiques » sur le portail de Santé publique Ottawa. « C'est une zone grise à l'heure actuelle, car tout est trié de la même façon. Cependant, c'est certains que nous ne voulons pas, en tant que restaurateurs, obtenir de mauvaises inspections, car c'est toute ta clientèle qui en souffre ».











