Les avocats sont passés à l'étape des plaidoiries

Le procès de Larry O'Brien tire à sa fin

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Le procès O'Brien

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Le procès O'Brien

Le maire d'Ottawa fait face à des accusations de trafic d'influence et de fraude. Suivez toute l'actualité sur le déroulement du procès. »

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Le procès de Larry O\'Brien tire à sa fin

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Le maire d'Ottawa, Larry O'Brien, qu'on voit ici arrivant au palais de justice hier accompagné de sa conjointe Colleen McBride, ne témoignera pas à son procès. La seule version des faits de M. O'Brien sera celle comprise dans une vidéo de son interrogatoire par la Police provinciale de l'Ontario.

Martin Roy, LeDroit

Dominique La Haye
Le Droit

Le procès du maire d'Ottawa, Larry O'Brien, tire à sa fin. Après avoir amorcé un marathon il y a plus de deux mois, les avocats de la Couronne et de la défense sont passés au sprint final, hier, en entamant les plaidoiries.

Le procureur de la Couronne, Me Scott Hutchison, a été le premier à présenter son argumentation de près de trois heures, dans laquelle il affirme avoir démontré « hors de tout doute raisonnable » la culpabilité du maire.

M. O'Brien est accusé d'avoir promis une nomination au fédéral à la Commission des libérations conditionnelles à Terry Kilrea, un de ses anciens adversaires aux élections municipales de 2006, s'il acceptait de se retirer de la course à la mairie.

Le maire fait face à des accusations de fraude et de trafic d'influence envers le gouvernement fédéral en lien aux agissements qui lui sont reprochés. Il maintient son innocence.

Crédibilité de Kilrea

Le procureur de la Couronne a beaucoup insisté sur la crédibilité de M. Kilrea, le témoin-clé sur lequel repose une grande partie de sa preuve. Il a voulu rétablir la fiabilité de son témoignage passablement écorchée par l'avocat du maire à l'occasion d'un contre-interrogatoire musclé qui avait duré sept jours.

« Il s'est présenté à vous comme un témoin calme, impartial et honnête, faisant de son mieux pour vous dire la vérité », a-t-il dit, ajoutant que les nombreuses erreurs de dates soulevées dans la déclaration sous serment de M. Kilrea au sujet de ses rencontres avec M. O'Brien et d'autres témoins ne le rendait pas moins crédible.

L'avocat du maire avait beaucoup attaqué la crédibilité de M. Kilrea sur ce point et est revenu à la charge, hier, lors de sa plaidoirie qui se poursuit encore aujourd'hui.

Le procureur de la Couronne a précisé que sa cause ne reposait pas que sur ce témoin et sur des ouï-dire - comme l'a souvent fait entendre l'avocat de la défense - mais aussi sur des échanges téléphoniques et de courriels entre MM. O'Brien et Kilrea et entre le témoin et le ministre fédéral John Baird. Ce dernier aurait été la personne influente à contacter au sujet de la nomination.

La Couronne a insisté sur le fait que M. Kilrea n'avait pas accès à ces informations et aux témoignages au moment de rédiger sa déclaration sous serment.

« Machiavélique »

« Il y a plusieurs adjectifs qui viennent en tête lorsqu'on pense à Terry Kilrea, mais pas celui de machiavélique », a dit Me Hutchison. « Il faudrait être un génie malintentionné pour fabriquer une histoire qui serait plus tard conforme à tous les courriels et à toutes les archives téléphoniques », a-t-il ajouté.

Il a souligné à cet effet que le témoignage de M. O'Brien avec les enquêteurs corroborait à maintes reprises les déclarations de M. Kilrea, dont le fait que le maire avait effectivement, à sa demande, rencontré le 12 juillet 2006 son adversaire à un café du 700, Sussex pour l'inciter fortement à se retirer de la course.

M. O'Brien avait admis que le sujet d'une nomination à la Commission des libérations conditionnelles avait fait surface durant cette rencontre. Le maire avait ensuite dit aux policiers que le sujet était mort et enterré le jour même et qu'il n'aiderait pas M. Kilrea à « poursuivre son rêve » d'obtenir une nomination.

M. Kilrea soutenait plutôt avoir reçu un appel de M. O'Brien en après-midi lui disant qu'il venait de contacter son ami John Reynolds, un conservateur influent, et que son nom était « dans la liste » pour une nomination.

Témoignage de Lisa MacLeod

La Couronne a aussi rappelé le témoignage de la députée provinciale conservatrice de Nepean-Carleton, Lisa MacLeod, qui avait affirmé à la Cour que le sujet d'une nomination au fédéral pour M. Kilrea avait fait surface lors d'une rencontre qu'elle avait eue avec M. O'Brien à la fin du mois de juillet 2006. Le sujet n'était donc pas mort et enterré, a soutenu Me Hutchison.

L'argumentation de l'avocat du maire sera pour sa part davantage étalée, aujourd'hui. Hier, Me Edelson a surtout cherché à miner la crédibilité de M. Kilrea sur qui repose selon lui « 80 % » de la preuve de la Couronne et qui a présenté plusieurs versions différentes durant ses témoignages et interrogatoires.

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