Même si le conseil est hanté par le spectre d'une poursuite

Ottawa donne le feu vert à Bell et Cisco

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Ottawa donne le feu vert à Bell et Cisco

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Diane Holmes

Archives, LeDroit

Patrice Gaudreault
Le Droit

Malgré le spectre d'une poursuite de Mitel, la Ville d'Ottawa donne son aval à l'attribution d'un contrat de 7 millions $ à Bell Canada et Cisco Systems pour équiper la municipalité d'un nouveau réseau téléphonique.

Suivant l'avis d'un comité s'étant penché sur la question pendant sept longues heures, la veille, le conseil municipal s'est majoritairement opposé (16 contre 5) à une motion prévoyant l'annulation du processus d'appel d'offres lancé il y a deux ans.

Cette décision arrive au lendemain du témoignage fort attendu du chef de direction de Mitel, Don Smith, qui a plaidé qu'un processus « injuste » lui avait coûté le contrat. « Nous avons l'intention de garder nos options ouvertes », avait lancé M. Smith, flanqué d'un expert juridique.

L'appel d'offres extrêmement complexe prévoit la mise sur pied d'un système téléphonique de type VoIP (Voice over Internet protocol) au sein de 250 édifices municipaux, au coût de 6 à 7 millions $. En mars dernier, la Ville d'Ottawa portait son dévolu sur une proposition conjointe de Bell Canada et de Cisco Systems, qui n'ont pas encore apposé leur signature au bas du contrat.

« Information privilégiée »

Devant le comité des services organisationnels et du développement économique d'Ottawa, mardi, Mitel a plaidé que son concurrent direct, à savoir Cisco, misait sur « de l'information privilégiée ». Selon M. Smith, la Ville a omis d'informer les soumissionnaires des mises à jour qui seraient apportées au réseau par Cisco, détenteur d'un premier contrat avec la capitale. Malgré les doléances de Mitel, le comité a recommandé aux membres du conseil de confirmer l'attribution du contrat à Bell et Cisco.

Hier, des échanges animés - assortis d'un huis clos - ont marqué la dernière réunion du conseil avant la pause estivale. Craignant de prêter le flanc à une nouvelle poursuite, le conseil a longuement jonglé avec l'idée de faire marche arrière.

La conseillère Marianne Wilkinson a souligné qu'aucune ville au pays n'a jamais été condamnée pour avoir annulé un appel d'offres. « Je veux m'assurer que ce processus soit juste et je ne suis pas convaincue que c'est le cas. On ne veut pas se mettre dans une position où on pourrait se faire poursuivre », a déclaré l'élue du quartier Kanata-Nord qui englobe à la fois les bureaux de Mitel et Cisco. Son collègue du quartier Rideau-Rockcliffe, Jacques Legendre, abonde dans le même sens. « Les arguments de Mitel sont crédibles, dit-il. Et c'est tout ce que ça prend devant les tribunaux. »

Tous n'étaient pas sur la même longueur d'onde : « Je n'aime pas voir des conseillers se prendre pour des spécialistes d'appel d'offres », a lancé la conseillère Diane Holmes. « Un tel processus d'achat ne devrait pas être décidé par les politiciens », a renchéri le conseiller Eli El-Chantiry.

Devant l'assurance des employés municipaux que le processus était « juste, transparent et défendable », le conseil a opté pour la poursuite des négociations contractuelles avec Bell et Cisco.

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