À ce jour, 25 résidants ont dû évacuer leur domicile et ont été placés par la municipalité temporairement dans un hôtel. L'Armée du salut était présente, hier, au Complexe récréatif de Kanata pour offrir à manger et à boire aux résidants.
La Ville rapporte 900 appels au centre d'appel 3-1-1 de résidants aux prises avec des inondations dans les secteurs Kanata, Carp et Stisttiville.
Le maire par intérim d'Ottawa, Doug Thompson, a indiqué, hier, au Droit que plusieurs résidants rencontrés par le personnel médical de Santé publique Ottawa devaient être suivis pour des problèmes de stress liés aux inondations.
Sous contrôle
Le maire a ajouté que la situation était maintenant maîtrisée, même si la Ville a échoué à mettre en branle son plan d'urgence dans les heures suivant le déluge. Bien que les employés municipaux soient intervenus sur le terrain, l'information n'a pas été communiquée à la haute direction municipale comme le prévoit le protocole, ce qui aurait permis de mettre en place un plan d'urgence.
« Le plan a été mis en place mardi soir, alors que ça aurait dû être fait le samedi soir », indique M. Thompson qui a lui-même été avisé de la situation uniquement lundi.
« Nous aurions pu déployer des policiers, des pompiers et le département de santé publique, donc des ressources additionnelles pour aider les gens », dit-il.
Le conseiller municipal du secteur, Shaq Qadri, a lui aussi critiqué la lenteur avec laquelle les informations ont été transmises aux sinistrés.
« Il y a certainement eu des lacunes au niveau de la communication entre les employés municipaux, les élus et la population. Il faudra voir où il y a eu des erreurs dans le processus afin qu'une telle situation ne se reproduise pas », a indiqué M. Qadri lors d'une réunion publique avec les résidants touchés hier soir à Stittsville.
« Très en colère »
La lenteur à agir de la Ville a suscité la colère des résidants, notamment ceux de la petite rue Dundegan dans le secteur Glen Cairn à Kanata, où le ciel leur est une fois de plus tombé sur la tête.
Comme plusieurs de ses voisins, Ralph Best a été victime d'une troisième inondation dans son sous-sol en 13 ans.
« Quel est le but d'avoir un plan d'urgence s'il n'est pas mis en place ? Cette fois-ci, personne n'a perdu la vie, mais ça aurait pu être le cas », soutient le résidant.
Le mauvais sort s'est abattu sur sa maison la première fois en 1996 et la seconde en 2002, à la suite de quoi la Ville avait entrepris des travaux de 7 millions $ dans ce secteur pour corriger le problème du drainage de surface. Les 100 mm de pluie tombés dans la soirée du 24 juillet ont cependant eu raison des installations.
« Lors de la première inondation, j'étais vraiment en état de choc, la seconde fois j'étais fâché, là je suis très en colère », confie M. Best. Si ce dernier est assuré contre les inondations, ce n'est pas le cas de sa voisine, Valerie Kavanagh, qui n'a jamais réussi à obtenir une assurance après le refoulement d'égout de 1996.
Compensation ?
Les sinistrés peuvent acheminer une demande de remboursement à la Ville. Déjà, 200 résidants ont fait parvenir un tel formulaire à la Ville.
Le maire Thompson est catégorique : « Il y aura des compensations dans certains cas. Par exemple, s'il est démontré que le système d'égout n'est pas assez grand ou qu'il était bloqué et que la Ville ne l'a pas débouché. »
Une révision du protocole des mesures d'urgence et une enquête des infrastructures pour déterminer si le sinistre aurait pu être évité sont en cours. Les résultats de cette enquête devraient être connus d'ici quelques semaines.
AVEC CATHERINE LAMONTAGNE











