À eux seuls, les édifices gouvernementaux gérés par le ministère des Travaux publics font état de coûts de chauffage, de climatisation et d'éclairage totalisant plus de 7,7 millions $ par mois. Depuis cinq ans, la facture varie annuellement de 86,3 millions $ à 96,9 millions $.
« Les données comprennent les coûts liés à l'électricité, au gaz naturel, au mazout et à l'alimentation en vapeur, en eau chaude et en eau fraîche », peut-on lire dans un document daté de mai 2009, émanant de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada.
À la demande du député Dewar
Le ministère, qui fournit des locaux à 241 000 employés fédéraux et 105 ministères dans quelque 1800 emplacements au pays, a colligé les dépenses énergétiques des cinq dernières années à la demande du néo-démocrate Paul Dewar.
Le député d'Ottawa-Centre souhaitait savoir combien d'argent est investi pour contrôler le mercure dans des immeubles qui, à ses yeux, auraient tout avantage à être modernisés. « Plusieurs de ces édifices fédéraux sont vieux et laissent beaucoup d'énergie s'échapper, dit-il. On pourrait sauver des sommes énormes en colmatant ces brèches. C'est une politique sensée, tant sur le plan économique qu'environnemental. On peut réduire nos coûts d'énergie tout en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre. »
Tous les ministères examinés
La brique de documentation, déposée à la Chambre des communes tout juste avant la pause estivale, examine les frais de chauffage et de climatisation de tous les immeubles fédéraux, exception faite des édifices loués ou obtenus par bail-achat.
Certains ministères (Transports Canada, Affaires indiennes et du Nord Canada) n'ont pas été en mesure de fournir l'information, plaidant que « les frais de chauffage et de climatisation des édifices ne sont pas centralisés ».
De son côté, Ressources naturelles Canada a simplement indiqué qu'il « ne contrôle pas spécifiquement les dépenses de chauffage et de climatisation ».
D'autres organismes, qui gèrent eux-mêmes leurs édifices, ont été plus coopératifs en dévoilant les coûts des « services publics ». Les frais d'électricité, de mazout et de gaz naturel de Parc Canada pour 2008-2009 totalisent 6,8 millions $, ce qui équivaut à une facture mensuelle de 567 000 $.
À Pêches et Océans, qui possède près de 2200 immeubles au pays, le coût des services publics a frôlé les 8 millions $, l'an dernier, soit 666 000 $ par mois. Le Conseil national de recherche du Canada fait état d'une facture de 22,5 millions $ pour l'an dernier, ou 1,87 million $ par mois.
Du côté d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, la facture regroupant « l'électricité, le gaz naturel, la vapeur, l'eau chaude et l'eau réfrigérée » a atteint 17,9 millions $, en 2008-2009, en légère baisse par rapport à l'année précédente (18,5 millions $).
En moyenne, Service correctionnel du Canada dépense 32,9 millions $ par année (2,7 millions $ par mois) pour alimenter ses établissements en énergie.
Quant à la GRC, qui administre des édifices dans chaque province et territoire, la facture pour 2009 atteint 16,6 millions $, ou 1,38 million $ par mois.
Sans surprise, la facture la plus imposante est assumée par la Défense nationale. Pour 2007-2008, la facture d'électricité, de combustible à chauffage et cuisson, de mazout lourd et de gaz naturel atteint la rondelette somme de 151,5 millions $, soit 12,6 millions $ par mois.
Au total, le document parlementaire répertorie des dépenses énergétiques - somme toute partielles - de 1,65 milliard $ sur cinq ans.
Privatisation
Rappelons que le gouvernement fédéral jongle présentement avec l'idée de privatiser ses sept centrales énergétiques, qui fournissent chauffage et climatisation à plus d'une centaine d'immeubles de la région d'Ottawa-Gatineau. Une « lettre d'intérêt » a d'ailleurs été publiée, mercredi dernier, afin de tâter le pouls du secteur privé.
« Dans nos immeubles à bureaux, les besoins énergétiques représentent une dépense considérable et ont, de surcroît, de lourdes répercussions sur l'environnement. Certains de ces immeubles ont plus de 50 ans et utilisent une technologie datant des années 1950. Nous en sommes maintenant à l'étape de repenser notre façon de faire », a déclaré la semaine dernière le ministre des Travaux publics, Christian Paradis.











