Affichage bilingue obligatoire

Pétition pour « restaurer l'harmonie dans Russell »

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Pétition pour « restaurer l\'harmonie dans Russell »

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Howard Galganov

Archives, LeDroit

Jean-François Dugas
Le Droit

Le règlement sur l'affichage bilingue commercial extérieur du canton de Russell persiste à semer la grogne dans l'Est ontarien.

Une pétition circule depuis la mi-juillet demandant aux élus de faire marche arrière « afin de restaurer l'harmonie dans la municipalité de Russell », un canton habité à part égales par des francophones et anglophones au sein de quatre villages, dont Embrun et Russell.

« Il faut être clairs : nous ne sommes pas contre les enseignes bilingues. Nous sommes contre le fait qu'elles soient obligatoires et non volontaires. La décision finale devrait revenir aux marchands et non à la municipalité », exprime Rick Renaud, porte-parole d'un comité de résidents.

Déjà 1000 signataires

Si ce dernier ne peut pas chiffrer exactement le nombre de signataires, la pétition aurait déjà recueilli plus de 1000 appuis, majoritairement anglophones.

Une deuxième pétition a été lancée dans Internet il y a environ une semaine.

« Il y a quelqu'un qui ramassait les feuilles pleines de signatures. Nous avons perdu des signatures », donne-t-il comme raison pour expliquer cette deuxième démarche.

En date d'hier après-midi, 74 personnes avaient signé le document électronique. Encore une fois, pratiquement tous des anglophones.

M. Renaud nie que cette initiative soit poussée pas des anglophones du village de Russell, les principaux opposants du règlement sur l'affichage depuis son adoption à l'été 2008.

Jacques Aubé

« C'est Jacques Aubé, un francophone d'Embrun, qui a commencé cette pétition », signale-t-il.

M. Aubé est un habitué des séances du conseil municipal de Russell. Il ne se gêne pas quand vient le temps de manifester son mécontentement à l'encontre des élus. À son avis, le règlement d'affichage ne favorise pas le bilinguisme et l'harmonie entre les deux communautés linguistiques, mais cause plutôt une profonde dissension.

« Le règlement a provoqué une certaine animosité entre les deux groupes linguistiques. Autant je veux promouvoir la culture française, autant je ne dois pas l'imposer à ceux qui n'en veulent pas ! 'Respect' s'écrit de la même façon en anglais et en français », explique-t-il dans une lettre ouverte.

Facture salée

Les opposants digèrent mal aussi les coûts inhérents à la défense du règlement devant les tribunaux.

Selon M. Renaud, Russell aurait dépensé 100 000 $ en

frais légaux pour tenter de vaincre les poursuites de l'activiste anglophone Howard Galganov

et de l'ex-conseiller municipal du canton, Jean-Serge Brisson.

Un premier procès à ce sujet devrait avoir lieu en mars.

« Ce sont des dépenses inutiles », fulmine l'ex-président de l'Association des résidents de Russell.

La pétition sera déposée devant le conseil municipal le 8 septembre prochain.

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