Samedi soir, la communauté franco-ontarienne s'est réunie pour rendre hommage à Gérald Savoie. Plus de 350 personnes ont pris part au gala de la Fondation de l'hôpital Montfort pour saluer son départ à la retraite.
« Nous avons mené la même bataille pendant sept ans. Nous nous sommes croisés sur des chemins qui étaient souvent chaotiques. Mais en bout de ligne, c'est sa capacité à tenir le coup et à rassembler les gens qui a fait toute la différence. Il a un excellent coup de patin », a confié au Droit le député fédéral d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger.
« Gérald était comme un boxeur dans une arène. Il se relevait toujours pour continuer à se battre. D'autres patrons auraient tout simplement perdu les pédales. Mais lui, il savait contrôler son stress. » -Conrad Lamadeleine
« On ne peut être qu'admiratif devant son courage et sa détermination », a repris la députée provinciale de la circonscription, la ministre des Services sociaux et communautaires et ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur. Pour elle, M. Savoie a été la cheville ouvrière de cette « transformation impossible » d'un modeste hôpital que Queen's Park voulait fermer en un centre hospitalier universitaire des plus modernes.
Et pourtant, à peine 12 ans après que le gouvernement de Mike Harris a annoncé son intention de fermer l'hôpital Montfort, on y retrouve un chantier de 185 millions $ qui en fera doubler la superficie. Il s'agit, selon Mme Meilleur, du plus important projet de construction de l'histoire franco-ontarienne.
« Gérald était comme un boxeur dans une arène. Il se relevait toujours pour continuer à se battre. Beaucoup d'autres patrons auraient tout simplement perdu les pédales. Mais lui, il savait contrôler son stress », s'est rappelé Conrad Lamadeleine, le maire du Village de Casselman qui a déjà siégé au conseil d'administration de l'hôpital Montfort.
« Aux réunions du conseil d'administration, il nous servait les mêmes repas qu'aux patients de l'hôpital. Et il nous demandait toujours de lui dire si c'était bon. Si ça ne l'était pas, il s'arrangeait pour changer le menu », a raconté M. Lamadeleine en marge du gala qui avait lieu au Casino du Lac-Leamy.
Après avoir entendu Léo Savoie faire l'éloge de son frère cadet, on a compris un peu mieux ce qui a amené Gérald Savoie à la barre de l'hôpital Montfort et ce qui lui a permis de garder le cap pendant les tempêtes qu'il a traversées. D'origine acadienne, la famille Savoie a dû se battre pour assurer une éducation en français à ses enfants. C'est cette force de caractère qu'il tient de ses parents que M. Savoie a mise à profit lorsqu'il s'est engagé dans la bataille pour sauver Montfort en 1997.
Ténacité mise à l'épreuve
Dix ans plus tôt, dès ses premières heures en tant que président et directeur général de l'hôpital Montfort, cette ténacité qui caractérise M. Savoie a été mise à l'épreuve. Le bureau du Commissaire aux incendies de l'Ontario voulait fermer un département de l'hôpital qu'il jugeait non conforme aux normes de protection contre les incendies. Et le même jour, le nouveau patron a appris qu'un projet d'agrandissement de l'hôpital était mis sur la glace par Queen's Park.
La construction de l'aile sud de Montfort a finalement été complétée en 1992. Cinq ans plus tard, toutefois, l'hôpital était menacé de fermeture par le gouvernement de l'Ontario. Mais M. Savoie n'allait pas se laisser faire. On l'a vu - avec Michelle de Courville Nicol, Michel Gratton et Gisèle Lalonde - mobiliser la communauté franco-ontarienne alors que Me Ronald Caza plaidait la cause du seul hôpital francophone de la province devant les tribunaux.
On a revécu en accéléré ces 23 dernières années dans l'histoire de l'hôpital Montfort, samedi soir, par le biais d'une série de sketchs mettant en vedettes les acteurs originaux et Léo Savoie dans le rôle de son frère cadet. La ressemblance entre les deux frères est d'ailleurs frappante.
« On a vraiment l'impression de te perdre et c'est une énorme perte », de souligner Me Ronald Caza. Pour l'avocat en droit constitutionnel, Gérald Savoie « n'est pas que l'administrateur qui a sauvé Montfort », c'est un personnage « plus grand que nature ».
Touché
Gérald Savoie, quant à lui, est passé par toute la gamme des émotions. Il s'est dit profondément touché par l'hommage qui lui a été rendu. « C'est toute une vie qui repasse comme un film. Chaque individu qui est présent ici, ce soir, a contribué à la cause de l'hôpital Montfort d'une manière ou d'une autre », a-t-il révélé au Droit.
Alors que le Dr Bernard Leduc s'apprête en prendre le fauteuil du pdg de l'hôpital Montfort, M. Savoie entend profiter des premiers mois de sa retraite pour voyager en Nouvelle-Zélande et en Mongolie. Il se consacrera ensuite à des activités de bénévolat avec son épouse Nicole.











