« La conseillère (Harder) ne sait pas de quoi elle parle », a lancé Pierre Pagé, l'ex-greffier qui a quitté en décembre dernier ses fonctions à la Ville après 30 ans de services.
Ce dernier faisait référence au fait que, selon Mme Harder, la politique de bilinguisme constitue un des obstacles à la capacité de la Ville de recruter des cadres qualifiés.
« La politique stipule que les cadres supérieurs devraient être bilingues, mais l'administration municipale se base aussi sur le fait que le candidat le plus qualifié obtient l'emploi. C'est pour ça que la politique de bilinguisme prévoit une clause d'exemption qui a été utilisée fréquemment dans le passé », poursuit-il.
Depuis la mise en place de la nouvelle structure municipale, en décembre dernier, la Ville n'a pas eu recours à cette clause. Aux dires de plusieurs élus municipaux, elle a cependant été utilisée à maintes reprises auparavant.
Selon M. Pagé, si la Ville éprouve des difficultés à recruter des gens bilingues, c'est que l'environnement majoritairement anglophone peut poser un obstacle pour certains candidats.
« Je peux comprendre qu'un francophone ne se sente pas à l'aise à l'idée de travailler majoritairement en anglais. Dans mon cas, j'ai vécu l'expérience des années 1970 à l'ex-Ville d'Ottawa, où il n'était pas rare d'entendre des commentaires si l'on osait parler en français. Heureusement ça a changé depuis », ajoute-t-il.
M. Pagé se dit aussi préoccupé par les propos de la conseillère en tant que citoyen.
« Les cadres supérieurs représentent la Ville et les citoyens s'attendent à ce qu'ils puissent communiquer dans les deux langues », poursuit-il.
M. Pagé juge aussi blessant le message qu'envoie la conseillère aux fonctionnaires municipaux, lorsqu'elle avance que la Ville peine à recruter des cadres qualifiés.
Selon les données de la Ville obtenues par LeDroit, on retrouve 22 postes de hauts fonctionnaires municipaux désignés bilingues. De ce nombre, trois sont actuellement exemptés de la politique de bilinguisme. Seulement huit cadres sur 19 rencontrent les exigences en lien à la politique de bilinguisme. Les 11 autres suivent des cours dans le but de répondre aux exigences.











