Dans les communautés à l'ouest d'Ottawa

Le français survit tant bien que mal

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Quand on pense à la francophonie ontarienne, on pense instinctivement à l'est... (Photo: PC)

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Photo: PC

François Pierre Dufault
Le Droit

Quand on pense à la francophonie ontarienne, on pense instinctivement à l'est et au nord de la province. Mais on oublie souvent cette zone grise entre Ottawa et North Bay. Une zone où la langue française résiste tant bien que mal à l'assimilation.

L'Ontario a une population d'un peu moins de 600 000 francophones, ce qui correspond à environ 4,8 % de sa population totale. Selon le recensement de 2006 de Statistique Canada, toutefois, environ 40 % des Franco-Ontariens utilisent l'anglais comme langue d'usage.

En nombre absolu, les Franco-Ontariens forment la deuxième plus grande communauté d'expression française au Canada - après le Québec. En pourcentage, le Nouveau-Brunswick occupe ce deuxième rang avec ses 33 % de francophones.

Concentration dans l'Est

C'est dans l'Est ontarien que se concentrent le plus les francophones. Ils sont un peu plus de 225 000 et comptent pour environ 40 % de la population totale du code régional 613. Un peu plus de la moitié d'entre eux sont à Ottawa; les autres sont principalement à l'est de la capitale, dans les Comtés unis de Prescott et Russell.

À elle seule, la Ville d'Ottawa compte donc près de 130 000 francophones. C'est 32 % de sa population globale, contre 51 % d'anglophones et 17 % d'allophones.

Selon une étude de répartition de la population basée sur des données de Statistique Canada, les francophones d'Ottawa représentent en moyenne 20 % des habitants à l'est du centre-ville. Cette proportion atteint les 50 % dans l'ancien canton de Cumberland (Navan, Sarsfield, Vars). En revanche, le nombre de francophones chute à moins de 15 % à l'ouest de la rue Bank. Dans les environs de Carp et dans l'ancien canton de Rideau (Manotick, North Gower), c'est moins de 5 %.

Qu'en est-il maintenant des francophones vivant à l'ouest de la capitale ? À certains endroits, ils ne sont pas plus nombreux que l'ensemble des allophones.

Sur ses 7000 habitants recensés il y a trois ans, la Ville d'Arn­prior comptait 285 personnes dont le français était la langue maternelle. Il n'y en avait cependant que 85 qui disaient parler la langue de Molière à la maison. Et 55 qui disaient parler une autre langue, non officielle.

Langue maternelle

Le scénario est semblable à Smiths Falls, où on avait en 2006 un total de 195 francophones de langue maternelle sur une population de 8555 habitants. On recensait également, au même endroit, près de 300 habitants dont la langue maternelle n'était ni l'anglais ni le français.

Toutes proportions gardées, on dresse le même portrait à Brockville et à Kemptville, deux villes où on retrouve pourtant des écoles françaises.

Dans la municipalité de Carleton Place, on comptait 445 francophones de langue maternelle en 2006. Un peu plus de 10 % des 9500 habitants de cette communauté florissante du comté de Lanark sont cependant bilingues.

Et dans la région de Pembroke - où le français a continué d'être enseigné clandestinement à l'époque du Règlement xvii - on peut entendre 2 % de la population parler français à la maison. Dans cette agglomération de 22 700 âmes, on en compte 1750 dont la langue maternelle est le français.

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