La Ville d'Ottawa tente de réduire de plus de moitié la hausse de taxe foncière anticipée de 8 % en 2010

O'Brien « déçu » des prévisions budgétaires

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Dominique La Haye
Le Droit

Le maire d'Ottawa et les élus municipaux entament aujourd'hui de grands travaux dans l'espoir de réduire de moitié une gourmande hausse de la taxe foncière de plus de 8 % en 2010.

Ayant bel et bien laissé derrière lui sa vieille promesse électorale de geler les impôts fonciers, le maire Larry O'Brien espère maintenant ramener sous la barre du 4 % la hausse de taxe anticipée.

« Après trois ans comme maire, je suis plus que jamais convaincu que la Ville n'a pas un problème de revenu, mais plutôt un problème de dépense », a-t-il indiqué dans une déclaration écrite.

« Je crains que certains de mes collègues au conseil ne s'imaginent que les résidents sont en mesure de payer plus encore cette année », ajoute le maire, se disant « déçu » des prévisions budgétaires réalisées au cours des dernières semaines par les conseillers siégeant aux comités municipaux.

« Nous aimerions tous réduire la taxe, mais à quel prix ? Je ne pense pas que le public voudra une réduction du service du transport en commun, du déneigement, du service des incendies ou des bibliothèques », renchérit pour sa part le conseiller qui préside le comité du transport en commun, Alex Cullen.

Les élus siégeant au comité municipal présidé par le maire se réunissent, ce matin, avec la tâche de proposer des réductions de services ou d'autres économies pour l'adoption finale du budget en janvier prochain.

Deans plus ambitieuse

La conseillère municipale Diane Deans, à la tête du comité des services communautaires et d'urgence de la Ville, se montre plus ambitieuse que le maire, suggérant de ramener à 2,9 % la hausse des impôts fonciers. « Je considère que c'est un objectif raisonnable », soutient-elle.

Le dilemme des élus tournera notamment entre une embauche plus modeste des paramédics, ou une hausse des tarifs du transport en commun et une réduction des circuits d'autobus, ainsi que l'abolition d'une taxe spéciale de 2 % pour l'entretien des infrastructures. Celle-ci est incluse dans la hausse de 8 %, tout comme le sont les budgets du service de la police et de la Bibliothèque publique d'Ottawa.

Mme Deans milite en faveur de l'annulation de cette taxe annuelle de 2 % implantée il y a trois ans. Elle fait valoir que cette année, 300 millions $ destinés à 91 nouveaux projets d'infrastructure ont été octroyés à la Ville, dans le cadre du programme du gouvernement fédéral visant à stimuler l'économie au pays.

« Je ne crois pas que c'est une année où on devrait imposer une taxe de 2 %, alors que nous avons reçu le plus grand montant de l'histoire pour les infrastructures », estime-t-elle.

Le conseiller Alex Cullen croit pour sa part que l'idée de Mme Deans correspond à « induire les gens en erreur ».

« L'argent du programme du fédéral est pour de nouveaux projets, alors que le 2 % permet d'entretenir les routes, les ponts, les égouts et les aqueducs existants, dit-il. Nous sommes déjà en retard de 100 millions $ pour l'entretien de nos infrastructures. »

Siemens et les bacs verts

Une autre patate chaude pour les élus est cette entente à l'amiable de 37 millions $ conclue avec Siemens pour mettre fin à une poursuite judiciaire au sujet de l'ancien projet de train léger. La Ville devra trouver une façon de financer l'accord, voire même hausser d'un autre 3 % et plus les impôts.

« Ça représente un gros montant d'argent et on n'a pas de provision pour cette entente », fait remarquer le conseiller Georges Bédard.

Un autre sujet controversé est celui du lancement du programme des bacs verts, en janvier prochain, pour le compostage résidentiel. Les élus devront trouver une façon de financer le nouveau service de 17 millions $.

Le conseiller Peter Hume, président du comité municipal d'urbanisme et d'environnement, proposera pour sa part une réduction de 3,5 millions $. L'élu estime que la hausse des impôts devrait se situer entre 3,9 % et 4,6 %. Selon lui, l'embauche des paramédics devrait être plus conservatrice. « Elle constitue une part très importante de ce budget », dit-il.

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