L'ancien conseiller scolaire, député fédéral puis sénateur est décédé à l'institution Les soins continus Bruyère - autrefois désigné Hôpital Saint-Vincent d'Ottawa.
Pendant toute sa carrière qui s'est échelonnée sur plus de 40 ans, le politicien a fait sienne la cause franco-ontarienne, n'hésitant pas à faire passer les intérêts des minorités linguistiques avant toute chose.
L'annonce du décès de M. Gauthier, en milieu de soirée, a eu l'effet d'une bombe dans la communauté franco-ontarienne.
Ceux qui l'ont côtoyé se rappellent de lui comme d'un batailleur, un homme intègre qui tenait à ses principes. Ils se rappellent de lui comme d'un homme de coeur, qui aimait profondément sa langue et qui l'a défendu toute sa vie comme la prunelle de ses yeux.
« Quelle perte pour la communauté ! Quel grand défenseur ! Son départ va laisser un vide immense. C'est une très mauvaise nouvelle pour les francophones, autant en Ontario qu'ailleurs au pays », a réagi Mariette Carrier-Fraser, la présidente de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).
« Malgré son état de santé ces dernières années, il rebondissait toujours et demeurait continuellement intéressé (à la cause des francophones). Il avait cette particularité de faire bouger les choses sans jamais provoquer. Il arrivait toujours à faire comprendre son point de vue et non l'imposer », d'ajouter Mme Carrier-Fraser.
Un grand chef
« Je viens de perdre un grand ami et la francophonie vient de perdre un grand chef. C'est une perte immense pour l'Ontario et à travers le Canada », a déclaré l'ancien ministre provincial Bernard Grandmaître lorsqu'il a appris le décès de M. Gauthier.
« Je vais toujours me souvenir de Jean-Robert comme de l'homme qui avait osé, en 1982, voter contre le rapatriement de la Constitution. Et il avait raison de s'objecter à ce rapatriement. À l'époque, voter à l'encontre de son parti (le Parti libéral) et voter contre Pierre Elliott Trudeau, ça prenait du coeur au ventre », de poursuivre le père de la Loi sur les services en français, la voix remplie de tristesse et d'admiration.
M. Grandmaître se souvient que son homologue fédéral de l'époque dans Ottawa-Vanier ne faisait toujours l'unanimité, même auprès des francophones. « Mais il inspirait toujours le respect. Il n'a jamais eu peur de faire face aux obstacles et il n'a jamais cessé de défendre les droits des francophones, même malade », de raviver l'ancien ministre.
« Nous venons de perdre un homme d'exception. Il a toujours été là pour nous. Même malade, il a appuyé la cause de (l'Hôpital) Montfort. Il était aussi très dévoué sur le plan scolaire. Il était toujours là pour nous écouter, nous encourager », de signaler Gisèle Lalonde, une des figures de proue du mouvement S.O.S. Montfort.
« Des gens de la trempe de Jean-Robert Gauthier, il n'y en a pas beaucoup. Il sert déjà d'exemple et il va continuer à servir d'exemple. J'espère que d'autres vont continuer à faire vivre son héritage et à tenir son flambeau », a souhaité M. Grandmaître.
AVEC PHILIPPE ORFALI












