La note s'annonce salée pour ceux qui dérangent dans la rue

Jusqu'à 300 $ d'amende pour crier à Ottawa à la sortie des bars

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Le conseiller municipal Georges Bédard... (ARCHIVES, LeDroit)

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Le conseiller municipal Georges Bédard

ARCHIVES, LeDroit

Philippe Orfali
Le Droit

Tranquilles, les rues du centre-ville d'Ottawa ? Pas assez pour le conseiller municipal Georges Bédard. L'élu du quartier Rideau-Vanier déposera la semaine prochaine un rapport recommandant d'interdire aux gens de crier ou d'utiliser un langage insultant dans les rues de la capitale nationale, a appris LeDroit. Déjà, hier, la nouvelle soulevait tout un tollé dans les bars du centre-ville.

« Nul ne peut crier ou utiliser un langage excessif [...] ou indécent, ni adopter un comportement répréhensible. »

S'il n'en tient qu'à Georges Bédard, cette infraction s'ajoutera à celles qui interdisent déjà l'inconduite et l'ébriété dans les voies publiques.

La note s'annonce salée. Si le conseil municipal va de l'avant avec la recommandation, il pourrait en coûter jusqu'à 300 $ aux coupables.

Après avoir suggéré en 2006 d'enlever les murs des abribus de la rue Rideau pour dissuader les itinérants de s'y réfugier, l'élu du secteur vise désormais les habitués des bars du centre-ville, qui « s'assemblent sur la voie publique ou sur le trottoir et causent du désordre, en particulier à l'heure de fermeture des établissements ».

Le conseiller Bédard affirme répondre à des demandes de policiers, qui disent être dépourvus de moyens pour faire respecter l'ordre public aux petites heures du matin.

« Si on essaie de dormir à 3 h et qu'un fou commence à crier parce qu'il a pris un verre de trop... Je ne pense pas que cette mesure soit excessive », dit le coloré conseiller.

Des infractions similaires existent déjà pour les parcs municipaux, fait-il valoir. Celles qui sont proposées ne feront qu'étendre leur application aux rues et trottoirs de la Ville.

Interrogé à savoir si ce projet de règlement n'entravait pas certaines libertés individuelles, l'élu a répondu qu'« on devrait contrôler la vie des gens qui ne sont pas respectueux des gens du centre-ville et de leurs voisins ».

Stupéfaction dans les bars

La nouvelle a été accueillie avec stupéfaction, mais surtout avec moquerie, dans les bars du centre-ville.

« Le marché By est le quartier où sortir dans la capitale nationale. Les gens devraient avoir le droit de parler au volume qui leur plaît, et d'utiliser des mots vulgaires s'ils le souhaitent. Surtout quand on pense que tant de bars ont des patios qui sont situés sur le trottoir, il s'agit d'un précédent dangereux », a estimé le gérant du pub The Brig, Ryan Kiefl.

Loin de se montrer inquiets, la plupart des employés de bars interrogés semblaient plutôt sceptiques quant à l'effet d'une telle mesure.

« La définition de l'infraction est tellement large. Je dirais qu'à tout moment de la journée, certains de nos clients répondent à ces critères et pourraient recevoir une contravention », a fait valoir Rob, gérant du Highlander Pub, à l'angle de la rue Rideau et du mail de la rue William.

« Empêcher les gens de parler fort ou mal à l'extérieur des bars ? Pourquoi ne les ferment-ils pas au complet ? Ça réglera le problème. Les rues seront vides et silencieuses », a raillé une serveuse d'un autre bar.

La mesure sera débattue une première fois au comité des transports de la Ville, mercredi prochain. Si elle est adoptée, le conseil municipal devra à son tour donner son aval avant qu'elle entre en vigueur.

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