Le candidat à la mairie Jim Watson a donné le ton, hier, en lançant son site Internet bilingue jimwatson.ca. On y retrouve une section Web, où les visiteurs sont invités à lire ses commentaires sur Twitter, à devenir son ami sur Facebook et à visionner des vidéos de lui sur YouTube.
« Ce site donne aux gens de tous les coins de la ville une chance de participer à une 'tournée d'écoute virtuelle' », indique M. Watson.
Son principal adversaire dans la course à ce jour, le conseiller municipal Alex Cullen, compte lui aussi un site Internet elisezalexcullen.ca disponible dans les deux langues. Les médias sociaux ne font cependant pas encore partie du paysage. Aux dires de M. Cullen ce n'est toutefois qu'une question de temps et de ressources.
« C'est encore tôt, mais ma campagne comptera aussi des médias sociaux, dit-il. Je prévois utiliser Facebook et Twitter. »
Des « incontournables »
Selon le professeur au département de communications de l'Université d'Ottawa, Luc Dupont, depuis la campagne présidentielle de Barack Obama, les médias sociaux sont devenus « incontournables » pour les politiciens.
Le président américain a été le premier à les utiliser à des fins électorales, affichant une présence sur la toile sur tous les fronts qui lui a notamment permis de joindre un jeune public.
Depuis, même les politiciens canadiens ont emboîté le pas. Le député libéral fédéral Denis Coderre compte 1603 adeptes sur Twitter, alors que le chef de son parti, Michael Ignatieff, en compte 37 482. Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, a 25 729 personnes qui le suivent sur Twitter, alors que le premier ministre Stephen Harper en a 46 098. Quelque 295 personnes sont pour leur part abonnées au profil Twitter de Jim Watson.
« Je ne peux imaginer une campagne électorale nationale ou municipale sans médias sociaux, indique M. Dupont. Ils sont importants, car ils encouragent et stimulent les échanges.»
Pour M. Dupont, il ne fait aucun doute que ces nouveaux médias définissent l'agenda des politiciens. Le spécialiste fait aussi remarquer que les médias sociaux permettent de rejoindre les « connecteurs » ou des gens qui disposent d'un grand réseau social et qui sont considérés comme des leaders d'opinion.
« Ces connecteurs sont des gens influents, car leurs réseaux sont étendus. Ils entraînent une multiplication des réseaux », explique-t-il.
Les médias sociaux permettent de rejoindre les jeunes qui sont moins enclins à se déplacer pour aller voter. Ils permettent aussi de rejoindre le plus de monde et à un coût plus bas que les médias conventionnels.
« Il y a 30 ans, l'objectif d'une campagne électorale était de remplir des salles, mais aujourd'hui c'est de simuler et de stimuler une pensée sur Facebook et de créer une assemblée virtuelle », fait valoir M. Dupont.












