Récupération de cadavres d'animaux

La crise s'intensifie dans l'Est ontarien

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Jean-François Dugas
Le Droit

Le seul ramasseur de cadavres d'animaux de ferme de l'Est ontarien pourrait être forcé de cesser ses opérations à la fin du mois.
Machabée Animal Food, une entreprise familiale de trois générations de Saint-Albert, terminera son année fiscale, le 31 mars prochain, avec un trou financier de 200 000 $.

Cette situation est attribuable au retrait de subventions par la province d'Ontario, l'an dernier.

« Je ne peux pas continuer à perdre de l'argent. Ce n'est pas viable », a laissé entendre Guy Machabée, propriétaire de l'entreprise.

En temps normal, Machabée Animal Food assurait la collecte d'une vache adulte au coût de 75 $ par bête.

L'absence de soutien financier de la province fait en sorte que l'entreprise spécialisée a presque doublé les frais, à 125 $, pour couvrir ses dépenses.

Cette hausse a chassé sa clientèle. La collecte de cadavres de veaux est passée de 10 000 à 1500 tandis que celle des vaches a chuté de 7000 à 4000.

À Queen's Park, on prétend que l'assistance financière, fournie pendant sept ans aux équarrisseurs, ne s'avérait qu'une mesure temporaire pour répondre à l'effondrement du marché des produits secondaires, causé par la crise de la vache folle.

Autres alternatives

Pour palier à la crise, M. Machabée a contemplé plusieurs scénarios pour éviter la fermeture de son entreprise.

La construction d'un incinérateur, bien qu'utile, est aussi trop dispendieuse.

« Cela coûterait entre 1 million $ et 1,5 million $. Ça ne vaut pas la peine. Il faut faire du compostage », estime M. Machabée.

Un composteur permettrait de broyer les bêtes pour transformer le tout en engrais. Il comblerait également le manque à gagner de la présente année. Selon M. Machabée, un composteur apporterait des économies de 220 000 $ par an.

Son aménagement nécessite toutefois l'aval de la province, qui tarde à venir.

L'option d'aménager un biodigesteur, dès ce printemps, permettrait de produire de l'électricité pour ainsi générer des revenus de 400 000 $ par année. Cependant, Hydro One exige des frais de connexion de 900 000 $.

En 2004, il existait 17 équarrisseurs en province. Aujourd'hui, on n'en compte que trois.

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