Le débat a officiellement débuté au mois de décembre 2007. À l'époque, le porte-parole d'un groupe de résidents francophones du village d'Embrun, Jean-Guy Patenaude - inspiré par une campagne de sensibilisation francophone de la Fédération des aînés et retraités francophones de l'Ontario (FAFO) - propose l'adoption d'un règlement sur l'affichage bilingue commercial semblable à celui de trois autres municipalités de la région immédiate.
Toutefois, ce n'est que lorsque M. Galganov, « un outsider » du village de Willamstown, situé à 80 kilomètres de Russell, se mêle au débat que la situation s'envenime réellement.
Reconnu pour son combat farouche contre la Loi 101 au Québec dans les années 1990, le grand défenseur montréalais de la liberté d'expression menace d'organiser une campagne de boycottage des commerçants francophones. Il distribue plus de 5000 tracts dans toutes les boîtes aux lettres de Russell à quelques jours de l'adoption du règlement. La campagne ne prend finalement jamais son envol.
Le 22 mars dernier, jour où la cause devait être entendue avant d'être reportée en raison de l'absence d'un juge bilingue, M. Galganov rajoute de l'huile sur le feu. Il distribue encore une fois à Russell un livret unilingue anglophone intitulé : How to wipe out the Franco Ontarian Language & Culture (« Comment éradiquer la langue et culture française en Ontario »). Il tire alors à boulet rouge sur les élus en faveur du règlement ainsi que l'avocat de la municipalité, Ronald Caza.
Les actes du contestataire anglophone au fil des mois captent l'attention de son grand rival du Québec qui qualifie le tout de « haineux. » M. Rhéaume dépose un déluge de plaintes auprès d'organismes publics, sans succès.
Lors de la saga, menaces de mort à l'endroit d'un échevin, pétitions pour renverser la décision, propos acerbes frôlant le racisme et lettres à des journaux locaux suggérant l'assimilation des Franco-Ontariens viennent secouer davantage l'accalmie habituelle qui régnait à Russell.
Si le règlement sur l'affichage bilingue du canton de Russell a attiré la foudre de certains, des personnes influentes ont plutôt louangé cette décision.
Le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, le commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau, ainsi que le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, ont salué l'initiative.
Le député fédéral conservateur de Glengarry-Prescott-Russell et secrétaire parlementaire fédéral aux Langues officielles à l'époque, Pierre Lemieux, évite de commenter le dossier épineux. Son refus de s'afficher publiquement fait des vagues d'un bout à l'autre du pays.
Dans l'Est ontarien, les municipalités de Clarence-Rockland, Casselman et La Nation ont entériné un règlement sur l'affichage bilingue. Pour l'heure, la défense de la leur a coûté 130 000 $ à la municipalité de Russell.











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