La possibilité que la première femme à se faire élire mairesse d'une grande ville canadienne devienne prochainement un « personnage historique d'importance nationale » désignée par le gouvernement fédéral, cause aussi tout un brouhaha.
Un groupe de citoyennes d'Ottawa a déposé, en mars 2009, une demande pour que Mme Whitton obtienne cette reconnaissance de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Une façon d'honorer cette batailleuse, mairesse de 1951 à 1956 et de 1960 à 1964, dont le nom est absent de la capitale, si ce n'est d'une salle à l'ancien hôtel de ville d'Ottawa.
Un comité étudie actuellement cette recommandation, qui verrait le nom de Mme Whitton s'ajouter à celui de 648 autres Canadiens d'importance historique. La décision finale doit être prise par le ministre responsable de la commission, Jim Prentice.
Le Congrès juif canadien a d'abord dénoncé cette candidature la semaine dernière. À l'époque où elle dirigeait le Conseil canadien du bien-être des enfants, au milieu des années 1930, elle s'était farouchement opposée à l'arrivée d'orphelins juifs.
Son dédain pour les Canadiens français n'était pas non plus un secret.
Aux yeux de Charlotte Whitton, les Canadiens-français constituaient une race inférieure, à qui la majorité anglophone ne devait concéder aucune victoire.
« C'était une francophobe notoire. Elle avait notamment déclaré que jamais la capitale du Canada ne deviendrait bilingue, du moins sous son règne », souligne Pierre de Blois, un militant franco-ontarien.
La destruction de la Basse-Ville, elle en est en grande partie responsable, rappelle quant à lui Jean-Marie Leduc, directeur culturel de l'Institut canadien-français.
« Cette dame, elle était détestée, haïe de tous dans les chaumières canadiennes-françaises. Les francophones ont souffert de sa présence. Elle voulait ni plus ni moins éliminer la francophonie, notamment en encourageant les mères canadiennes-françaises à ne pas avoir d'enfants », indique l'homme.
Un affront
Si le ministre Jim Prentice en vient à lui conférer cet honneur, il s'agirait ni plus ni moins d'un « affront » à la communauté francophone de l'Ontario, à en croire la présidente de l'Association canadienne française d'Ottawa (ACFO), Claudette Boyer.
« Oui, ce fut une politicienne d'avant-garde, oui, elle a accompli beaucoup pour la capitale du Canada, mais il ne faut pas oublier son côté intolérant. Charlotte Whitton est la responsable de bien des torts faits aux francophones d'Ottawa. Le comité doit également être conscient de cet aspect de l'héritage de Mme Whitton », a-t-elle martelé.
Joint ce week-end, le porte-parole du ministre Prentice a indiqué que la recommandation du comité de sélection ne s'était pas encore rendue au cabinet du ministre. « Il s'agit d'une question de quelques semaines, ce qui veut dire que la décision ne sera pas rendue avant le début du mois de septembre, au plus tôt », a déclaré Bill Rodgers.












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