Avez-vous une idée de l'allure d'une soirée en compagnie de pareil énergumène. Un artiste aux multiples talents et infatigable de surcroît. Avec lui, le rire est omniprésent. Le rire est contagieux. Le rire est maître. Le rire en arrive à nous épuiser, tellement les moments de répit sont rares.
Robin Williams était de passage à la Place Banque Scotia, hier soir, avec sa tournée Weapons of Self Destruction, sa première depuis 2002. Seul sur une scène immense, garnie de quatre écrans géants, une table, de l'eau et un tabouret. Seul dans un amphithéâtre encore plus immense.
Seul, mais capable de tenir occupé, près de 10 000 spectateurs, tous des fervents de son genre d'humour. Un humour surtout américain. Un humour politisé. Un humour engagé. Si vous l'ignoriez, Williams est démocrate. Un grand démocrate devant l'éternel.
Il s'est amené sur scène sous les premiers accords de la chanson Crosstown Trafic, de Jimi Hendrix. Il a salué la foule et s'est lancé dans un long monologue. En fait, un seul monologue, l'équivalent d'une heure trente avant un rappel d'une dizaine de minutes où il a imaginé des comédiens et des comédiennes d'une certaine époque dans un film porno.
Il a pris quelques gorgées d'eau, histoire de se rafraîchir. C'est ça la méthode du stand up comic et Williams est dans une classe à part. Il n'arrête pas de parler, il gesticule constamment et demeure rarement en place. Bref, un hyperactif de l'humour avec un bon cardio, car sa prestation se veut un véritable marathon.
Le monsieur avait appris ses leçons. Il a salué la foule, les Canadiens et les Québécois, a-t-il insisté, et il s'est plaint du temps avant de se moquer de Jean Chrétien. L'imitation était géniale, l'accent, la mimique et le faciès, tout y était. Il s'en est ensuite pris à la dernière élection fédérale. « Une autre élection et le même résultat. Tout ça pour Harper. Qu'est-ce qu'il est ennuyant celui-là. À côté de lui, John McCain a beaucoup de charisme. »
Une petite flèche bien sentie et bien accueillie a été tirée à l'endroit des Québécois. « On veut quitter, mais on tient à garder l'argent. »
Sur le coup, une dizaine de retardataires se sont pointés dans les premières rangées. « Vous avez manqué le segment canadien », leur a-t-il dit.
George W. Bush
Et le voilà dans une longue diatribe à propos de la dernière élection américaine et de George W. Bush, qu'il appelle affectueusement « W ».
« Le rêve s'est réalisé », s'est-il époumoné à quelques reprises, en rappelant la victoire de Barack Obama.
« Il y a quelques années, un ami m'a demandé ce qu'on avait fumé pour élire « W » à deux reprises. À chaque fois que je le voyais avec Tony Blair, j'avais l'impression de voir des extraits du film Rainmen. Récemment, je me suis demandé à quoi ressemblera sa retraite. Je le verrais bien décrire des courses de la série Nascar. »
Qui dit élections américaines dit Sarah Palin, la colistière de John McCain. « Ils l'ont trouvée où, celle-là. Elle a fait passer « W » pour un génie. On l'a décrite comme une spécialiste des relations étrangères parce qu'elle a dit avoir vu la Russie à travers une fenêtre de sa maison. »
Robin Williams a cette facilité de passer d'un sujet à l'autre sans coup férir. Il a fait le saut des dernières élections américaines à son addiction pour le café, pour ensuite décrire à sa façon les changements climatiques et ouvrir une parenthèse sur différentes disciplines sportives.
Son humour est conjugué au premier degré et le comédien est capable de se moquer d'un politicien et d'un pays sans être blessant, même s'il emprunte à satiété au slang, son mot de quatre lettres commençant « F ».











