Au lendemain de l'élection d'un gouvernement libéral à peine majoritaire au Québec et de la démission de Mario Dumont à titre de chef de l'ADQ, l'animatrice et le producteur au contenu du Bye Bye 2008, qui sera présenté en direct à la télévision de Radio-Canada, mercredi prochain, à compter de 23 h, ont la voix exaltée des créateurs qui n'ont pas beaucoup dormi.
« Disons que la politique nous complique la vie. Les derniers événements, tant à Québec qu'à Ottawa, nous ont obligés à effectuer beaucoup de changements à nos textes et à nos sketches, au cours des derniers jours ! Louis compare le Bye Bye à un marathon : on part d'un bon pas, on 'pogne' une crampe à un moment ou à un autre, et on s'organise pour franchir la ligne d'arrivée en champion. Là, je peux dire qu'on est en plein dans la crampe ! » lance Véronique Cloutier en riant, à l'autre bout du fil.
« Les nuits sont pas mal agitées, par les temps qui courent, confirme son conjoint, Louis Morissette. On a commencé le remue-méninges pour l'émission en septembre. On nous réclamait des textes dès octobre, afin de voir dans quelle direction on s'en allait, et là, on arrive en décembre, et il faut en réécrire des grands bouts ! En date d'aujourd'hui, le 9 décembre, je sais que notre show ne sera pas mauvais, mais est-ce qu'il sera excellent, très bon ou bon, j'ai l'impression de ne même plus être en mesure de l'évaluer tant on travaille à ne pas être dépassés par l'actualité, en ce moment ! »
« Ça en devient surréaliste, des fois, renchérit sa partenaire. Notre réveille-matin est branché sur la radio. L'autre matin, je me suis réveillée avec les nouvelles qui annonçaient que la coalition envisageait de faire tomber le gouvernement Harper. Je me suis levée d'un bond, en secouant Louis et en criant : 'Louis, Louis, il y a un putsch à Ottawa !' Tout ça pour dire que, d'ici au 31 décembre, notre vie, c'est le Bye Bye! »
Encore heureux que le tandem ait prévu le coup et planifié des tournages in extremis, les 18 et 22 décembre.
« On s'est aussi gardé comme portes ouvertes deux numéros d'humour qui seront présentés en direct, le 31 », mentionne Louis Morissette.
Mais il n'y a pas que la politique qui retient l'attention de ce dernier et des quatre scripteurs - dont François Avard - qui l'épaulent dans l'écriture de ce Bye Bye.
«(L'année) 2008 a été une année olympique. On va revenir sur les performances de nos athlètes, mais aussi sur celles de nos journalistes et comment les Jeux ont été couverts. Ç'a aussi été une année où on a beaucoup parlé d'un certain Jonathan Roy et de la violence au hockey junior », soutient-il.
« On a également entendu parler de Julie Couillard et beaucoup vu Céline Dion », enchaîne Véronique Cloutier, qui n'avait pas hésité à se faire comédienne et chanteuse lors de Ceci n'est pas un Bye Bye, en 2003.
Tradition
L'animatrice explique que, cette fois, l'humour prendra plus de place que le côté variétés. « Quand on a fait Ceci n'est pas un Bye Bye, ça se voulait un clin d'oeil à une émission qui n'était plus présentée depuis quelques années. Depuis, RBO est revenu avec cette tradition du Bye Bye, si bien qu'on assume le fait d'en faire un, cette année, mais à notre manière. Le ratio va donc tourner plus autour de 70 % en contenu humoristique et 30 % en contenu musical. Nous savons que, par tradition, les gens veulent rire des moments forts de l'année qui se termine. »
« La musique sera au service de l'humour et servira à dynamiser la soirée, précise son amoureux. Ça permet de changer le momentum de l'émission et de respirer », précise Louis Morissette.
Le couple s'est d'ailleurs réparti les tâches, en fonction des intérêts de l'une et de l'autre.
« Moi, je m'implique plus dans la partie variétés, fait valoir Véronique Cloutier. Il va y avoir un gros numéro d'ouverture et d'autres prestations musicales. Je ne voulais cependant pas inviter un artiste pour qu'il vienne nous interpréter sa 'toune'. Notre défi, c'était de développer et de mettre en scène des numéros différents de ce qu'on peut voir ailleurs à la télé, au Gala de l'ADISQ ou sur les plateaux de M pour musique, par exemple. »
Pour ce qui est du contenu des sketches, Louis Morissette se dit très conscient que la limite du bon goût peut facilement être dépassée. Sa seule censure demeure toutefois sa capacité à assumer ce qu'il écrit.
« Ma limite à moi, en humour, c'est de pouvoir regarder en face la personne dont j'ai parlé dans un sketch ou un numéro. Je suis plus vigilant là-dessus que je l'ai déjà été, avoue-t-il, mais du moment que je me sens capable d'assumer mes propos, je me sacre bien que la personne soit contente ou pas de ce que j'ai écrit sur elle ! Cela dit, je sais bien qu'en tant que producteur au contenu du show, c'est moi qui vais ramasser la claque si quelqu'un cherche une joue à frapper, le 1er janvier. »
Travailler en couple
Malgré les nuits écourtées des derniers mois, les courriels et les appels qui entrent à toute heure du jour, voire de la nuit, les corrections à apporter au contenu, les problèmes de décors ou encore de disponibilités des comédiens et des artistes désirés, Véronique Cloutier et Louis Morissette sont heureux de faire le Bye Bye. La raison est simple : ils ont à nouveau la possibilité d'unir leurs forces et de travailler ensemble sur un projet d'envergure, après le Gala des Gémeaux de l'automne dernier.
Au sein du couple, chacun nourrit l'autre. « Hier, j'ai failli lâcher pendant qu'on enregistrait un truc que je ne me sentais pas capable de livrer. Louis m'a guidée, parce qu'il était convaincu, lui, que je pouvais le faire. Et il a eu raison », confie Véronique Cloutier, sans vouloir en dévoiler plus sur ledit « truc ».
« Quand je doute, j'aime ça me tourner vers Véro, parce qu'elle a un instinct très fort. Elle connaît la télé et le public mieux que moi. Je sais que je peux me fier à son jugement, souligne Louis Morissette. On se fait mutuellement confiance et on se complète humainement. Et comme on ne fait pas le même métier, on a chacun son terrain de jeu. »











