Départ au sommet
Le récital James Ehnes-Jon Kimura Parker fut une ouverture remarquable à l'édition 2009 de ce que l'on appelle aujourd'hui le Chamberfest.
L'on pouvait se demander comment une collaboration entre deux vedettes de la scène classique aussi différents de tempérament - l'apollinien violoniste James Ehnes et le diosyniaque pianiste Jon Kimura Parker - pouvait parachever une unité stylistique.
Toute crainte fut évacuée, même lors de ce Mozart (Sonate K301) dont la matière musicale fut explorée de façon substantielle par le classicisme maîtrisé de Ehnes et le romantisme déverrouillé du piano de Parker.
Et dès le paysage éclaté de la Sonate no 1 de Prokofieff, l'on savait que la musique serait reine : un dialogue au sommet, créant de vertigineux champs magnétiques, à la fois décantés et inspirés, puissants.
En seconde partie, le tendre Aria pour violon et piano du contemporain Aaron Jay Kernis nous permit de reprendre notre souffle et de préparer une sonate de Maurice Ravel qui frôla la perfection.
Non la perfection qui emprisonne une oeuvre, mais celle qui ouvre à la scintillante beauté dépouillée, telle que rêvée par Ravel. Deux rappels, l'un, fougueux, de Paul Schoenfield, l'autre, apaisant, de Gabriel Fauré, remercièrent un public conquis. A juste titre.
Airs d'opéra sous ciel sinistre
Le programme d'Orchestres dans le parc n'a vraiment pas beaucoup de chance, car quelle que soit la date choisie, la pluie semble vouloir assister. Des quatre concerts j'ai choisi Opéra sous les étoiles pour voir Jean-Marie Zeitouni au travail à la tête de l'OCNA, et pour entendre le ténor mozartien Antonio Figueroa qui sera, en septembre, le Tamino de la production d'Opéra-Lyra pour La Flûte enchantée sous la direction d'un nouveau venu dans le domaine de l'opéra, Pinchas Zukerman, à la tête de son orchestre...
Zeitouni impose une baguette preste, une musicalité élégante, mais dans ce catalogue d'ouvertures et d'airs connus joué au forcing, on ne retient que l'efficacité.
Les trois étoiles sur scène - le soprano Erin Wall, le baryton James Westman et le ténor Antonio Figueroa - réussissaient leurs contributions respectives en fonction des airs choisis, de la place des micros et des klaxons venus de la ville. Par exemple, Westman dans Figaro est bien mieux à sa place que dans Zoroastre.
Foccroulle en ville
Quelques mots sur le récital à l'auditorium de la Bibliothèque nationale par la pianiste Marie-Charline Foccroulle. À l'occasion d'un court programme - Franck, Beethoven, Gougeon - mais d'un haut contenu musical, cette musicienne douée a montré une fois de plus ses qualités d'interprète réfléchie.
La pianiste outaouaise travaille pour l'instant à partir de Cologne en Allemagne, et poursuit son doctorat d'interprétation à l'Université de Dublin sous la direction du pianiste John O'Connor.










