Le Franco-Ontarien de 18 ans s'apprête à reprendre la télévision d'assaut par l'entremise de son troublant personnage d'Hugo, dans La Galère. Le public pourra aussi le voir prochainement sur grand écran dans 5150, rue des Ormes, l'adaptation du roman d'horreur de Patrick Senécal. Il se glissera aussi sous peu dans la peau d'un loup-garou, aux côtés de Guillaume Lemay-Thivierge, lors du tournage du long métrage Le poil de la bête, avant d'entreprendre celui de La Vérité, dans lequel il tiendra le premier rôle.
Mais ce qui rend Pierre-Luc Lafontaine le plus heureux et le plus nerveux à la fois, au moment de notre rencontre, c'est surtout la présentation en grande première, ce soir, à l'École secondaire publique De La Salle, de son tout premier court-métrage professionnel, La Nuit du silence. «Je tenais à venir projeter mon film à Ottawa, parce que je suis fier de l'avoir tourné ici et avec des gens d'ici principalement», fait valoir celui qui, l'an dernier, a remporté le Prix du Jury dans la catégorie Fiction au Festival Vidéaste Recherché-e, pour son précédent court-métrage amateur, Éphémère.
Conçu en cinq mois cette année, de la scénarisation au montage, en passant par le tournage, La Nuit du silence met en scène Mylène St-Sauveur, que le Franco-Ontarien a connue sur le plateau de 5150, rue des Ormes (il joue d'ailleurs son chum dans ce film), mais aussi quelque 700 figurants dans l'une des scènes choc de son court-métrage. «C'est un film que je voulais délibérément lent, silencieux et avec des plans fixes et longs, dont on ne peut pas s'échapper, pour permettre la réflexion», explique Pierre-Luc Lafontaine.
Car le propos est lourd autant que les moments de silence qui s'éternisent et rendent palpable le malaise du personnage de Mylène St-Sauveur: s'il n'est jamais clairement montré, l'abus sexuel est au coeur de son court-métrage. Celui-ci relate une journée dans la vie d'une jeune femme qui s'emmure dans un silence lourd à porter et rêve entre autres de se venger de cet homme qui la hante. Sans s'éterniser sur le sujet, celui qui a cumulé les titres de scénariste, de réalisateur et de monteur, pour le production de La Nuit du silence, avoue simplement qu'il s'agit là d'«un thème qui me tient à coeur».
Un tournant
Pierre-Luc Lafontaine, qui rêvait de faire du cinéma depuis l'enfance, ne cache pas que son rôle d'Hugo, dans La Galère, l'a mis «sur la map». «Dire que juste avant d'obtenir ce rôle, je pensais à tout lâcher! J'avais 15 ans à l'époque, et je n'avais aucune idée, en tournant cette première saison de la série de Renée-Claude Brazeau, de l'impact que ça allait avoir!» lance-t-il dans un sourire.
Car le comédien n'a rien à voir avec le Hugo qu'il campe au petit écran. Le premier est volubile, allumé et vibrant d'une énergie à peine contenue. Le second sortira un peu de sa carapace, au cours de la prochaine saison (en ondes à Radio-Canada à compter du 14 septembre), mais demeurera peu loquace, violent et profondément blessé. Hugo lèvera-t-il encore la main sur sa mère, incarnée par Hélène Florent? Réussira-t-il à créer un lien avec son père, joué par Daniel Parent, un autre comédien originaire de la région? «Il n'est pas au bout de ses peines», dévoile Pierre-Luc Lafontaine, en prenant bien garde de ne rien dire de plus.
«J'aime ça quand les gens me demandent si je suis comme Hugo dans la vie. Pour moi, ça veut dire qu'ils ont cru au personnage, que j'ai réussi à le rendre à la fois détestable et attachant», renchérit-il, content de ne pas être devenu la «saveur du mois» pour autant. «Je ne voudrais pas être étiqueté et être approché seulement pour jouer d'autres Hugo! Pour moi, la beauté du métier, c'est de justement ne jamais avoir l'impression de me répéter, d'un projet à l'autre.»
Depuis la diffusion de la première saison de La Galère, au début de 2007, les propositions se sont accumulées, au point où Pierre-Luc Lafontaine a récemment dû quitter Ottawa pour s'installer à Montréal. Entre deux tournages, il y travaille comme serveur, en plus de plancher sur un projet de court-métrage d'animation en compagnie de l'Ottavien Dominic Bercier. Point à la ligne, dans lequel «le point représente le moment présent et la ligne, faite de points, représente l'illusion du temps», précise-t-il d'un ton emballé, sera déposé à l'Office national du film d'ici à la fin du mois.











