Une maison face au nord

Une petite vie qui vole en éclats

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Le directeur artistique du Théâtre français de Toronto,... (Photo de courtoisie)

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Le directeur artistique du Théâtre français de Toronto, Guy Mignault (à droite), prête ses traits au personnage d'Henri dans la pièce Une Maison face au nord, de Jean-Rock Gaudreault.

Photo de courtoisie

 

Geneviève Turcot
Le Droit

Lue pour la première fois en 2007 lors des Zones théâtrales, la pièce Une maison face au nord revient au bercail, précédée par un vent de critiques élogieuses.

« Les meilleures coproductions sont toujours des coups de coeur », affirme le comédien et directeur artistique du Théâtre français de Toronto, Guy Mignault, qui prête ses traits au personnage d'Henri dans ce texte de Jean-Rock Gaudreault. L'auteur originaire de Jonquière avait écrit le premier jet à sa sortie de l'École nationale de théâtre en 1993, avant de le revisiter complètement en 2007.

À l'invitation d'Esther Beauchemin de la Vieille 17, Guy Mignault avait accepté d'en faire la lecture dans le cadre des dernières Zones théâtrales. « J'ai su tout de suite que je voulais monter ce texte ! » explique le directeur artistique, qui savait aussi qu'il ne pouvait réaliser ce projet seul. À peine ladite lecture terminée, le Théâtre La Rubrique du Saguenay et le Tandem de Rouyn-Noranda manifestaient leur intérêt. Une poignée de main plus tard, Une maison face au nord venait de se trouver trois producteurs.

« Une petite boule de colère »

« C'est exceptionnel, reconnaît Guy Mignault, qui a ainsi vu sa boîte torontoise créer des liens avec le Saguenay et l'Abitibi. C'est vraiment enrichissant. »

Une maison face au nord, c'est l'histoire sans histoire d'Henri et d'Anne-Marie, un couple installé quelque part en région et qui a trimé dur toute sa vie. Lui avec ses mains, elle en tenant la maison et en élevant les enfants qui sont partis depuis longtemps. Puis, la nouvelle tombe : leur fils qui a fait de grandes études en finance, qui est établi à Boston, est arrêté pour une fraude de plusieurs millions de dollars. Une nouvelle qui vient briser des certitudes et souligner à grands traits une petite vie sans éclat.

« Partout où nous avons présenté cette pièce, les spectateurs venaient me voir pour me dire qu'ils reconnaissaient un père ou encore un oncle. Les gens s'identifient beaucoup aux personnages. Tout le monde porte en soi une petite boule de colère. C'est très touchant », poursuit Guy Mignault, qui a trouvé en Henri un rôle important, mais aussi intéressant à jouer.

« Dans cette pièce, on parle de gens que l'on ne retrouve habituellement pas au cinéma ou encore dans les pièces de théâtre. Des gens qui ont passé leur vie à travailler, à s'occuper des enfants et qui sont à l'heure des bilans. Ils se demandent ce qui est arrivé aux rêves qu'ils avaient. » Un théâtre que Guy Mignault qualifie d'atypique, mais aussi de magnifique. Le passage d'Une maison face au nord à Zones risque de dicter le reste de la vie du spectacle, confie Guy Mignault, qui espère que de nouveaux diffuseurs et publics se laisseront séduire eux aussi par ce récit.

Une rencontre avec les créateurs du spectacle est prévue après la représentation du 18 septembre.

POUR Y ALLER

QUOI ? Une Maison face au nord,

de Jean-Rock Gaudreault

OÙ ? La Nouvelle Scène

QUAND ? Les 18 et 19 septembre, à 20 h

RENSEIGNEMENTS ?

Billetterie du CNA ou

Ticketmaster au 613-755-1111

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