Les souvenirs d'un amour passé

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Valérie Lessard
Le Droit

À l'autre bout du fil, Zabou Breitman est catégorique: rien, dans le roman d'Anna Gavalda, ne l'avait séduite d'emblée, quand on lui a proposé d'adapter Je l'aimais.

«Je n'avais pas lu le roman et, après lecture, je me suis dit que ce n'était pas un projet pour moi», confirme la réalisatrice de Se souvenir des belles choses.

 

C'est «le passage au tamis», comme elle dit, qui l'a finalement convaincue de raconter à sa manière l'histoire de Pierre, qui, quand son fils plaque sa conjointe Chloé, confie à celle-ci comment lui aussi a déjà passionnément aimé une autre femme, 20 ans plus tôt, sans pour autant réussir à quitter son épouse Suzanne.

«J'ai lu, relu et relu, jusqu'au moment où j'ai été attrapée par l'idée de montrer cette promenade du personnage dans ses propres souvenirs. La mise en abyme me plaisait beaucoup», explique Zabou Breitman.

Je l'aimais entraîne donc le spectateur dans le sillage du coup de foudre de Pierre (Daniel Auteuil) alors en voyage d'affaires à Hong Kong pour Mathilde (Marie-Josée Croze), la traductrice mise à son service. Tandis que sa bru Chloé (Florence Loiret Caille) panse tant bien que mal son coeur brisé, l'homme se livre sans pudeur et revit sa relation avec cette femme tant aimée, mais pour laquelle il n'a jamais eu le courage de tout laisser.

«Pierre a choisi de ne pas choisir. Il a été empêché, comme il dit, note la réalisatrice. Face à Chloé, Pierre revoit l'effet du départ, même s'il sait pertinemment qu'en restant auprès de Suzanne, il a détruit la vie de sa femme, tout en se privant de Mathilde et en la blessant aussi. Le film n'apporte pas de réponses, mais propose tous les possibles du dénouement amoureux. Car on connaît tous un Pierre, une Suzanne, qui accepte la présence de l'autre de peur de tout perdre; une Chloé, larguée et déboussolée; une Mathilde, qui aspire à vivre au grand jour son amour...»

D'abord pressentie pour interpréter Chloé, Marie-Josée Croze s'est toutefois imposée pour le rôle de l'amante. «Dès que je l'ai vue, j'ai reconnu MA Mathilde, se souvient la réalisatrice. C'est quelqu'un de très noble. Marie-Josée dégage à la fois une force et une fragilité qui seyait bien au personnage. Parce qu'on ne peut pas la détester: elle aime Pierre, Mathilde, elle croit sincèrement en leur amour.»

Je l'aimais atterrit sur les écrans québécois aujourd'hui.

 

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