Sur un ton faussement hautain l'auteur-compositeur-interprète s'est d'abord dit ravi d'être à Gatineau, «l'une de mes 30 villes préférées au Québec!», non sans avoir interprété auparavant On est né nu, un de ses textes de son nouvel opus Homme autonome.
C'était donc hier soir un spectacle axé surtout autour du nouveau matériel de Robitaille avec quelques incursions dans le passé, de l'époque de Femme électrique et du incontournable Porc-épic en rappel. L'occasion idéale de constater que Robitaille n'a rien perdu de sa verve humoristico-dragueuse comme dans Mot de passe: «Quel est le mot de passe pour passer la nuit avec toi? (...) Je ne voudrais pas te surprendre, mais j'ai un porte-clés sur la langue!» Esquissant au passage des pas de danse à la Michael Jackson, Damien Robitaille y va sans doute d'un clin d'oeil à ses racines chrétiennes (sa mère était pasteure) avec «Jésus nous a dit:''Allez pêcher, les hommes'' Moi, je préfère aller pêcher les femmes.»
Si Robitaille sait faire sourire, il sait aussi être plus tendre voire grave dans certaines strophes. Moment touchant de la soirée quand, seul au piano, il se questionne: «Y a-t-il quelqu'un qui pourrait m'aider à vivre / Y a-t-il quelqu'un que je pourrais suivre? / Dans ce village, dans ce pays, sur cette terre / Y a-t-il quelqu'un? Y a-t-il quelqu'un?»
Vaguement rétro à l'occasion, genre années 1970, et même un peu kitch avec le son de l'orgue, n'empêche qu'en spectacle, on y entend du reggae et même du jazz.
Et on a beau être un homme autonome, on a apprécié hier la belle chimie comme dirait Jacques Martin entre Robitaille et ses trois musiciens. Bassiste, batteur et claviériste n'hésitent pas à faire des choeurs parfois rigolos.
À en croire les réactions féminines à la Maison du Citoyen, l'art de séduire en chansons semble plaire à ces dames. Sans être des midinettes, on ne semble pas froissées à l'idée de se faire dire dans Plein d'amour: «Oui, mon coeur, il est rempli / Et toi, j'te trouve tellement jolie / Je t'aime (I love you) / Si tu veux un rendez-vous Moi, je serai doux, doux, doux / Forever... (pour toujours)» Ah, Monsieur Astronaute, vous savez y faire!










